5 novembre 2009
À sa demande, une délégation du pays quimperlois, conduite par Nicolas Morvan, président de la Cocopaq, et Alain Pennec, maire de Quimperlé, a été reçue hier matin par le préfet pour évoquer la situation aux PDM.
Nicolas Morvan et Alain Pennec, qui étaient accompagnés par Gaël Le Meur, l'attachée parlementaire du député Gilbert LeBris, Eric Le Bour, conseiller régional, et André Fraval, vice-président de la Cocopaq, souhaitaient évoquer avec le préfet et le sous-préfet à la fois l'aspect social et la dimension économique de ce dossier brûlant. Sur le plan social, tout d'abord, ils ont exprimé leur scepticisme à propos des départs volontaires. La direction des PDM en espère au moins une quarantaine. Les élus quant à eux estiment que les salariés les plus motivés par le départ ont déjà quitté l'entreprise en 2006, lors du premier plan social. Sans parler du fait qu'aujourd'hui, étant donné la situation du marché de l'emploi à cause de la crise, l'envie de partir est forcément encore moins évidente ; alors que les primes de départ qui seront proposées seront les mêmes qu'en 2006 en «euros constants» (c'est-à-dire une fois qu'on a tenu compte de l'inflation).
Un marchandage
En ce qui concerne les pré-retraites (cheval de bataille des syndicats), on s'oriente vers un marchandage entre l'Etat et l'entreprise. Les élus ont demandé à l'Etat, via le préfet, une dérogation qui permettrait aux salariés en travail posté de partir dès 56 ans, et non 57. C'est le ministère de l'Industrie qui peut prendre cette décision. Pour les élus, ce serait en quelque sorte une reconnaissance de la pénibilité qu'ont connue ces salariés dans leur travail. L'Etat pourrait faire un geste. Mais il se murmure qu'il sera tenté d'être généreux surtout si la direction des PDM, de son côté, accepte d'accorder en complément des «retraites maison» satisfaisantes pour les salariés.
Le papier «Lip»
Hier matin, à Quimper, les élus souhaitaient également expliquer au préfet l'enjeu industriel qui sous-tend cette affaire. On a donc beaucoup parlé du fameux papier «Lip» («lox induction paper»), ce papier à cigarettes «du XXIe siècle» qui s'éteint tout seul, très rapidement. Du côté de Schweitzer-Mauduit, on affirme que ce papier «sera la norme européenne dès 2012», et qu'il faudra déjà en fabriquer pour le marché américain dans un ou deux ans, car outre-Atlantique, ce produit est déjà imposé dans plusieurs États. Un papier de ce type en effet ne peut plus provoquer d'incendies de forêts : forte préoccupation aux Etats-Unis. Sans parler du fait qu'on ne pourra plus mettre le feu en fumant au lit...
Délocalisation «du 2e type» ?
Le marché est donc porteur. Reste à savoir où sera installée la machine d'induction permettant de fabriquer le papier Lip : à Quimperlé, ou dans un pays de l'Est européen ? Bref, notre ville restera-t-elle pour le groupe un «centre de profit», ou deviendra-t-elle un simple lieu de fabrication ? Naguère, sur cette planète, les groupes industriels délocalisaient une production. Aujourd'hui, la crainte est qu'on s'oriente ici vers une «délocalisation du 2e type», celle de la valeur ajoutée. On a évoqué tout cela hier matin à Quimper. Mais les élus ont également écrit directement au ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, pour que M. Garau, commissaire à la réindustrialisation pour la Bretagne, vienne à Quimperlé. Réponse : il sera là le 23 novembre.
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