9 octobre 2009
Alors que syndicats et direction des Papeteries de Mauduit ont discuté hier du plan social, un document interne le détaillant largement circule depuis plusieurs jours.
La direction des Papeteries de Mauduit et les syndicats ont discuté, hier, du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Le 17septembre, les négociations avaient achoppé une première fois sur la question des préretraites. Hier, tout le monde, ou presque (lire ci-dessous) s'est retrouvé autour de la table par crainte, du côté des syndicats, que les propositions de la direction ne soient revues à la baisse. Ce qui serait à l'opposé de ce qu'attendent ces derniers. «On a le souci de l'avenir des salariés», rappelait mercredi après-midi la CFDT.
Document confidentiel mais éventé
C'est par le livre1-la justification économique du plan social que conteste d'ailleurs la CFDT (Le Télégramme d'hier) -, que les négociations se sont ouvertes. Les syndicats ont aussi ouvert le volet social. Les syndicats doivent rendre compte aujourd'hui, aux salariés, entre midi et 14h de l'avancée des négociations. «Les gens sont allés au boulot normalement», soulignait hier un salarié. Qui, comme ses collègues, attend de voir. Pourtant, depuis quelques semaines, circule dans l'entreprise, et au-delà, la liste des 114postes qui vont être supprimés. Le double feuillet détaille, par catégories professionnelles, le plan social annoncé le 10septembre par la direction des Papeteries de Mauduit (LeTélégramme du 11septembre). Ce document «confidentiel exclusivement réservé à un usage interne» mais largement éventé concerne 335 salariés.
La maintenance préservée
Premières touchées, les secrétaires. Sur les 12 personnes concernées, seulement deux seront gardées. Chez les chefs comptables, la moitié des postes est supprimée alors que la direction a décidé de garder dix des 12 comptables qu'elle emploie actuellement. Parmi les «gros» effectifs que compte l'entreprise, à noter également la coupe opérée chez les contrôleurs: 40%. Cela concerne trois postes de contrôleur volant (sur les sept existants) et cinq postes de contrôleur labo MAP sur les 13 postes que compte l'entreprise. Avec 132 salariés, le poste d'opérateur de transformation est le plus fortement représenté et le plus touché avec 28 suppressions. A contrario, certains postes comme ceux d'électricien de maintenance, de chaudronnier de maintenance ou de mécanicien de maintenance sont moins touchés. Conséquence visible de l'externalisation, condamnée hier par la CFDT, de nombreuses fonctions disparaissent totalement de l'entreprise: les magasiniers, les préparateurs maintenance, les assistants techniques machine ou encore les dessinateurs industriels. Cette réorganisation prévoit aussi la transformation de trois postes et huit créations. Contrôleur échantillonnage et assistant technique URE sont concernés. Cela se traduit surtout par des postes de chargés méthode et maintenance (cinq postes). Avec à la clé une nouvelle organisation du travail.
La discussion est ouverte mais les craintes demeurent. Hier soir, après une journée marathon, quelques bribes d'informations ont filtré. À commencer par l'absence du directeur Europe, Michel Fiévez et de son directeur financier. Absence «déplorée», car «préjudiciable à la teneur des débats». Initialement prévue pour se ternir en deux temps, le volet économique et le volet social, la réunion n'aura finalement fait qu'aborder le premier point. «Le livre1 (volet social, NDLR) a été ouvert de manière technique», explique-t-on. Une nouvelle réunion est prévue mercredi prochain. Hier, de 9h à 19h, membres du comité d'entreprise (CE) et direction ont travaillé sur le projet de réorganisation. «Nous avons voté pour la désignation d'un expert-comptable et sur un nouvel agenda». Mais sur le fond, il n'y aura finalement pas eu de véritables avancées. Pire, le constat dressé depuis plusieurs mois semble se confirmer. «L'avenir est incertain. Il y a une éventualité de tonnage papier en provenance des États-Unis mais le transport n'est pas assuré ou en cours de qualification». Autre constat: le tonnage. «Il est incertain et non reconductible. On n'a aucune promesse c'est plutôt inquiétant». Enfin, aucune communication sur un «réel projet» n'a été faite. «Comment les membres du CE vont-ils pouvoir se prononcer. C'est une promesse sans garantie». Trois semaines après l'annonce de la suppression des 114 postes, l'avenir se dessine en pointillés. «Il n'y a aucune perspective, pas de business plan ni de prévision à trois ans».
Les papeteries de Mauduit prévoient l'arrêt de machines dès la fin du mois: les semaines 44 et 47 sont avancées. Un premier arrêt pour lequel il n'est pas prévu de chômage technique: récupérations et vacances devraient permettre de faire face.
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