13 octobre 2009
Jocelyn Michel bâtit lui-même sa maison en paille. Il vise une construction à moindre coût et des économies d'énergie. Une belle aventure.
Non, elle ne s'envolera pas si le grand méchant loup souffle dessus. Et elle ne risque pas de brûler plus qu'une autre. La maison bioclimatique que construit Jocelyn Michel est en paille, en bois, en chaux, en verre, en sable, en terre.
Basse consommation d'énergie
Ce jeune trentenaire, originaire de Haute-Normandie et qui vit à Riec-sur-Bélon depuis cinq ans, ne cherche pas à suivre la mode. Son but est écologique et économique. «J'ai voulu avoir une maison de ce type, à basse consommation d'énergie. Je ne trouvais pas de constructeur à un coût intéressant, alors j'ai décidé de la bâtir moi-même».
Il faut dire que sa profession lui octroyait des compétences en la matière. «J'ai été psy, j'ai arrêté, j'ai repris une formation en maison à ossature bois avec le Greta de Quimper, au lycée technique de Pleyben. Puis, j'ai travaillé comme salarié pour faire des maisons dôme espace. Vous savez, en bois et qui tournent. J'ai ensuite posé mon marteau, les écrous pour utiliser le téléphone portable, le clavier, l'écran... Je suis passé au bureau d'études. J'ai démissionné il y a un an pour me consacrer à la construction de cette maison».
«Tout le monde peut le faire»
Pour lui, cependant, «tout le monde peut le faire. Il faut avoir la motivation, parce que c'est quand même un chantier : ce n'est pas rigolo tous les jours. Il faut s'imaginer ce que cela donnera», témoigne Jocelyn.
La paille compressée ne brûle pas facilement (il n'y a pas assez d'air à l'intérieur pour la combustion). Elle est recouverte de chaux. Les murs, avec des matériaux à forte densité, retiennent la chaleur et la restituent lentement. Pas besoin de panneaux solaires par exemple.
Des matériaux du cru
Une maison bioclimatique, cela se reconnaît aux matériaux, mais aussi à la distance qu'ils parcourent pour être acheminés. Le bois douglas est du sud de Rennes, la scierie est à Carhaix. Ce bois n'a pas besoin d'entretien ni de traitement. La paille vient de Pont-Aven, le sable de la carrière de Riec et la terre argileuse de quelques mètres à côté de la maison.
«On verra avec le recul, mais je pense que le soleil, grâce aux grandes baies vitrées orientées au sud, apportera bien 80 % des besoins énergétiques. Pour arriver à 100 %, il faut peaufiner des détails. J'ai prévu un poêle en cas de besoin et des toilettes sèches».
170 m², 60.000 EUR
Il faut une bonne année pour monter cette maison. Seul, avec quelques coups de main de temps en temps. «Elle fera 170 m² sur un terrain d'un hectare, avec 70 m² en véranda et en appentis, pour quatre personnes. Elle coûtera 60.000 EUR. Dont 8.000 EUR de bois et 400 bottes de paille à un euro chacune. Bien sûr, je ne compte pas la main-d'oeuvre. L'habitation ne coûtera presque rien en chauffage, c'est avantageux».
Les économies d'énergie sont de plus en plus attirantes. Car l'augmentation de son coût menace de nous mettre sur la paille...
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