4 février 2012
De l'hôpital médiéval Frémeur au centre hospitalier de La Villeneuve (seconde moitié du XXesiècle), en passant par l'hôpital Saint-Michel (1895-1902), la ville de Quimperlé garde la trace de son histoire médicale et sanitaire. S'ajoute à cela le transfert, en septembre2011, des archives hospitalières, remontant jusqu'au XVIIesiècle, aux archives municipales. Une riche matière dont la Société d'histoire du pays de Kemperle (SHPK) s'est nourrie pour son nouveau bulletin. Il traite de «La santé au pays de Quimperlé - Médecins, malades, pauvres et hôpitaux». Une seconde partie sera publiée à la fin de l'année. Dans ce nouvel opus, Jean-Jacques Gouriou s'est attaché à présenter l'hôpital pendant la Révolution. «Son organisation, mais surtout les personnages», explique le président de la SHPK; les gestionnaires, riches et notables, car leurs deniers personnels permettaient de compléter un budget toujours en déficit - «C'était une forme de charité» - mais aussi les sages-femmes, les chirurgiens, les médecins...
Un hôpital moderne
Les médecins justement, «on en comptait un pour 8.000 à 9.000 habitants jusqu'en 1884», souligne Alain Pennec qui, lui, évoque l'évolution de la santé à Quimperlé et dans sa région entre le début du XIXesiècle et 1914. Jusqu'en 1890, «l'hôpital était un hospice, une maison de retraite pour les malades et les indigents», explique-t-il. Un hospice surpeuplé, accueillant 150 à 200 personnes. Les ressources et l'encadrement s'étoffent, des annexes sont construites... «Mais ça n'était pas cohérent. Le maire de Quimperlé, Alexis Savary réunit les fonds pour construire un nouvel hôpital: 200.000francs, sur les bénéfices du Pari mutuel (ancêtre du PMU)», explique Alain Pennec. «Et le conseiller général de Scaër, Kerjégu, complétera de sa poche pour achever la construction» d'un hôpital moderne.
Les lépreux, ces «parias»
Rémy Toupin a également participé à ce nouveau bulletin de la SHPK. Ily publie un article consacré aux lépreux du pays de Quimperlé et leurs descendants. Ces derniers, pourtant non malades, n'en étaient pas moins exclus de la société civile et chrétienne. Ils étaient tenus de vivre, travailler et mourir au sein de communautés spéciales. Certains ont malgré tout réussi à faire valoir leurs droits; au XVIIIesiècle, des descendants de lépreux ont été inhumés dans l'église de Sainte-Gertrude (Querrien à l'époque)... Pour le second tome de cette histoire de la santé au pays de Quimperlé, la SHPK est à la recherche de documents et d'informations sur la clinique du docteur Cotonnec (rue Brémond-d'Ars) et la clinique Sainte-Thérèse qui, après la Seconde Guerre mondiale, a fonctionné quelque temps dans les locaux de l'actuelle mairie. Pratique «La santé au pays de Quimperlé - première partie» est en vente (12EUR) à Quimperlé (librairie Penn da Benn, office de tourisme, Mag'presse de la basse-ville) et à Querrien.

27 mai 2012