10 avril 2009
Le syndicat CGT de Bigard dénonce le climat social qui règne actuellement dans l'entreprise. «C'est du jamais vu!», dit-il.
«Pression sur les salariés, menaces, chantage et humiliation», dit la CGT, «font partie du quotidien des salariés qui travaillent dans certains secteurs de l'entreprise». «Tous les mois», ajoute-t-elle, évoquant notamment les réunions du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), «nous alertons la direction, mais malheureusement rien ne s'améliore». Selon le syndicat, certains encadrants «prennent leurs aises» depuis l'arrivée fin octobre d'un nouveau directeur des ressources humaines, M.Bertrand Le Gall. La CGT cite les services où le climat, selon elle, est «délétère»: «steaks hachés, salaison, saucisserie...». «Pour que cela cesse», poursuit le syndicat, «et que les salariés puissent venir travailler sans avoir la peur au ventre, M.Bigard n'a qu'un seul mot à dire: stop. Mais le veut-il vraiment?»
Un licenciement pris comme exemple
«Certains salariés», dit encore la CGT, «pleurent dans l'entreprise, est-ce normal? Nous savons tous que le travail dans l'agroalimentaire n'est pas simple physiquement, mais de là à en rajouter une couche, personne de sensé... ne peut accepter cela.» Le syndicat cite également le récent licenciement d'un salarié. «Il s'est fait licencier pour avoir trop donné», dit-il. «Ce salarié qui travaillait aux abattoirs porc travaillait aussi souvent que la direction le lui demandait. Il était à la disposition de la direction à tout moment. Mais un jour, à force de trop donner, le surmenage arrive, plus quelques soucis personnels, puis on craque.» Après des violences verbales à l'égard d'un cadre, ce salarié qui travaillait chez Bigard depuis neuf ans a donc été licencié «sans sommation», «sans le moindre avertissement», «sans reconnaissance pour services rendus». «Tout cela», conclut la CGT, «nous fait revenir quinze ans en arrière, à l'époque des pauses pipi». Malgré ce climat, les négociations salariales annuelles se déroulent pour l'instant sans conflit majeur. La direction a proposé pour l'année une hausse des salaires de 2,5% (1,3% en avril et 1,2% en juillet), et elle souhaite également faire passer la prime panier de 4,60% à 4,90%. Nous n'avons pu la joindre hier pour connaître son avis sur les propos tenus par les syndicalistes.
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