14 janvier 2012 - 2 réactions
«Dire qu'au début, on se demandait si je fumais mes algues...» Christine Le Tennier est à la tête de la SARL Globe Export-Algues de Bretagne, entreprise qu'elle a créée voici 25 ans et qui a doublé son chiffre d'affaires en deux ans. L'entreprise, connue pour ses algues cuisinées et ses pâtes aux algues, connaît depuis 2009 un important développement lié à une innovation majeure, un procédé industriel de cuisine moléculaire, les «perles de saveur».
Cosmétique et pet-food
Ce sont de petites sphères gélifiées, avec une coque dérivée de l'algue Kombu, contenant un coeur liquide. «Ces molécules nous font entrer dans une autre dimensionet nous ouvrent des portes que nous n'aurions jamais imaginées: le cosmétique, avec des perles de massage ou, plus tard, le pet-food, avec des perles de thon et saumon pour les chats, par exemple», résume Christine Le Tennier. Pour consolider ses marchés et en conquérir de nouveaux, l'entreprise doit s'adapter en tenant compte des exigences, notamment sanitaires, de la clientèle, où figurent de grands groupes. L'extension de 400m² qui vient d'être réalisée entre dans ce cadre. Désormais, les ateliers algues, pâtes et molécules sont autonomes. Deux «très gros clients européens» sont aussi intéressés par les molécules d'Algues de Bretagne: «Si ces deux marchés se concrétisent, cela débouchera sur la construction d'une nouvelle usine, si possible ici à Rosporden, juste à côté du siège», indique la chef d'entreprise.
Importer des algues
Algues de Bretagne réalise 20% de son chiffre d'affaires à l'export. États-Unis, Afrique du sud et Asie offrent des débouchés. L'entreprise a ouvert, le mois dernier, un bureau de représentation à Shanghaï. Il s'agit à la fois de vendre les molécules et d'acheter... des algues! «Nous avons du mal à trouver des algues de culture en Bretagne, comme la nori: nous devons importer et sommes limités dans notre développement, faute d'approvisionnement suffisant», souligne Christine Le Tennier. Qui se dit persuadée qu'il est possible de valoriser les algues vertes ou laitues de mer, y compris dans l'alimentaire. «La stratégie actuelle n'est pas bonne: la Bretagne doit penser à une vraie filière algues».
Algues de Bretagne Algues de Bretagne, ZI de Dioulan, Rosporden. Salariés: 14 (18 lors des pics d'activité). chiffre d'affaires 21,3M€ en 2010. Résultat 2011: 2M€ attendus au bilan du 31mars. Tél.: 02.98.66.90.84. Site: www.algues.fr (en construction).

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