20 octobre 2009
Rémi Guitteny a fait le choix de vivre sans voiture. Un choix de vie qui, dans une ville comme Concarneau, tourne vite à la galère.
En juin2008, Rémi Guitteny était venu nous évoquer son combat pour accorder plus de place au vélo et aux transports en commun. Un an et demi plus tard, le Concarnois n'a pas changé sa position d'un iota. Mais le constat est là: «C'est la galère».
Parcours du combattant
«Je venais de Paris où je vivais sans voiture». Un choix assumé. Revendiqué même. Alors, en débarquant à Concarneau, il n'a pas souhaité déroger à ses convictions. «Au début, c'était bien», constate Rémi Guitteny. Mais, sans voiture, le quotidien s'est vite transformé en un parcours du combattant. «Et encore, je suis un privilégié, car j'habite en centre-ville». Pire. «Ne pas avoir de voiture, c'est louche». Dans une société qui s'articule autour de la voiture, ne pas en posséder vous laisse à la marge. Pas question pour autant de culpabiliser. «Si je n'avais pas cette réflexion autour des transports, oui, je me serais dit qu'il me faut une voiture. J'aurais donc l'impression d'être culpabilisé».
Gratuité des transports en commun
Ce qu'il attend et demande, c'est une politique de gratuité des transports en commun. «Compiègne l'a fait en 1975, Vitré en 2001, Mayenne en 2002»... Preuve selon lui que cela est réalisable. «Il faut une volonté politique». Rémi Guitteny avait rencontré, lors de la campagne des municipales, les candidats. La liste À Bâbord Toute le rejoignait sur cette volonté de gratuité. «Je propose que tous les moyens collectifs de se déplacer soient gratuits». Et de citer, les bus mais aussi le bac. «Il faut stopper les investissements pour l'automobile et les reporter sur les transports en commun».
Une forme d'exclusion
«Aujourd'hui, on sectorise, on crée des zones d'activités hors de la ville qui favorisent le développement de la voiture. C'est le modèle économique proposé». Pour Rémi Guitteny, les politiques doivent «assumer le tout voiture» et ne plus faire culpabiliser les gens en leur proposant «pedibus et circulation douce», en proposant «d'un côté, la prime à la casse et de l'autre, une culpabilisation sous forme de taxe carbone». Un modèle économique dans lequel ceux qui n'ont pas de voitures, «ce sont les pauvres, les personnes âgées ou les plus jeunes». Une forme d'exclusion.
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