10 septembre 2009
L'hôpital ouvre une consultation d'aide au sevrage du tabac. Les personnes suivies ont trois fois plus de chance d'arrêter de fumer que celui qui s'y prend seul.
«Autour de Quimper, on compte environ 300.000 habitants. 30% de cette population fume, soit environ 100.000 personnes. Le travail de la consultation tabacologique est donc de très grande ampleur», souligne Jean-Jacques Larzul, pneumologue à Quimper et à l'origine du projet d'ouverture d'une consultation à l'hôpital. Le projet est né en 2007, mais au moment de son acceptation, le budget a été revu à la baisse. «Pour la consultation, nous aurons un médecin, un nutritionniste et un psychologue, mais pas d'infirmier comme prévu dans le projet initial, en raison de cette baisse de moyens», déplore Jean-Jacques Larzul.
Six mois de suivi
Avant la consultation, le patient doit répondre à un questionnaire afin d'analyser ses craintes face aux conséquences de l'arrêt du tabac, de mesurer sa dépendance physique et psychologique. Par la suite, le praticien effectue un petit examen médical avant de revoir avec le patient le contenu du questionnaire. «Le patient devra alors fixer une date pour arrêter. Il est important de souligner que le patient reste le patron, c'est lui qui fait son choix, le médecin n'est qu'un accompagnant», précise Eugène Le Bigot. Trois moyens sont utilisés pour aider à l'arrêt du tabac: la prescription d'un substitut à la nicotine sous forme de gomme à mâcher ou de patch, une thérapie comportementale qui nécessite une formation particulière pour le médecin ou une ordonnance pour un médicament comportant une molécule, la varénicline. «Après la prescription, nous revoyons le patient dans les sept jours qui suivent pour évaluer si le dosage est bon. Pour analyser cela, nous avons un petit cahier de suivi et une échelle qui mesure la nervosité, l'irritabilité et l'appétit», explique le tabacologue.
Formation des professionnels de santé
Pendant six mois, le patient est suivi, avec un rendez-vous environ tous les mois. «En cas de rechute, il est très important de déculpabiliser le patient en soulignant que ce phénomène n'est qu'une étape supplémentaire vers l'arrêt du tabac. Un patient suivi en consultation a trois fois plus de chance d'arrêter de fumer durablement, par rapport à quelqu'un qui ne reçoit aucune aide», précise Eugène LeBigot. Avant d'ajouter: «Face à l'ampleur du travail, il est indispensable que tous les professionnels de santé agissent pour l'arrêt du tabac. D'où la nécessité de la formation du professionnel. Non seulement, les médecins généralistes, mais aussi les pharmaciens, les infirmiers hospitalisés. Début octobre, une formation pour les sages-femmes va démarrer. La problématique de la femme enceinte est importante. Être enceinte ou devenir papa peut être, pour de nombreuses personnes, un déclic pour choisir d'arrêter de fumer. Même si le patient n'arrête pas de fumer à la suite de la consultation, la sensibilisation peut avoir des effets plus tard, après une prise de conscience». Pratique Renseignements au 02.98.52.61.04. Consultation gratuite.
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