4 octobre 2011
Il venait passer le week-end chez des amis à Loctudy. Yamil Coriolan Thelusmond ne pouvait manquer cette première occasion de découvrir Concarneau et le prochain bateau que Solidarité Pêche destine à son île. Yamil, 24ans, est étudiant en sociologie à Paris. Il est surtout le fils d'Anne-Marie Coriolan, grande combattante de la cause des femmes et du peuple haïtien, cheville ouvrière, entre autres, d'associations de solidarité telles que Citoyenneté et développement (Cidev) et d'Aquadev. Yamil a décidé de reprendre le flambeau de sa mère, décédée durant le séisme de janvier2010, et anime une antenne d'Aquadev à Paris.
«Une ouverture»
«Nous nous sommes connus en août2010 à Port-au-Prince, à l'occasion de la livraison du Breizh da Viken», expliquent Daniel Le Carnuner et Jean-Pierre Coïc, piliers de Solidarité Pêche. Le premier contact a été plus que bon et Yamil a été enthousiasmé par l'action et les projets de l'association concarnoise. Aquadev s'occupe du suivi technique et maritime des bateaux livrés par Solidarité Pêche. «Et pour moi, il est essentiel de poursuivre ce partenariat», assure Yamil. «Cela représente une ouverture vers l'amélioration de la vie des pêcheurs et de leurs familles, qui constituent la classe haïtienne la plus pauvre».
Assistance à la pêche
«Vu l'absence de moyens, il y a un gros besoin de bateaux». Ceux que livre l'association concarnoise ne servent pas directement à la pêche. «Il s'agit d'assistance à la pêche: les petits canots de pêches ne peuvent guère s'éloigner de la bande côtière et l'on est confronté à un problème de surpêche. Ces bateaux, en prenant les canots en remorque, leur permettent d'aller plus au large. Et leurs équipements frigorifiques sont également précieux». Yamil a, lui-même, navigué pendant 21heures sur le Breizh da Viken. «C'était pour aller livrer cinq bateaux (en remorque), plus de 30 séchoirs à poissons et d'autres matériels».
Pas seulement donner
Le Rêve de Mousse, actuellement en cour de réaménagement le long du quai Carnot, aura une autre mission: «On pense qu'à Haïti, il y a des dispensaires partout. C'est loin d'être le cas. Avec l'association Espoir Haïti, ce bateau servira de dispensaire et pourrait être utilisé pour des campagnes de vaccinations, tout autour de l'île». Yamil et ses amis de Solidarité Pêche voient encore plus loin. «On a des projets de formation dans l'optique du développement durable», affirme Yamil. «Il ne s'agit pas seulement de donner, mais aussi d'apporter du savoir-faire, de la connaissance, pour que l'action perdure, pour arriver à l'autonomie».
«Toujours en échec»
Au sourire optimiste de Yamil répond le sourire quelque peu crispé de Jean-Pierre Coïc. «Malgré ce cinquième bateau en préparation, nous sommes toujours en situation d'échec», estime-t-il. «Nous ne faisons que retaper des quasi-épaves avec de l'argent public, alors qu'on continue à casser des bateaux plus récents, parce que personne ne réussit ou ne veut changer la législation. Il est toujours impossible de récupérer des bateaux inscrits au plan de sortie de flotte».

26 mai 2012

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