17 juillet 2009
Amateurs ou professionnels, artistes ou reporters, les photographes s'attachent à ne montrer des ports que la plaisance ou la pêche, sans doute plus simples à représenter. Voiliers et chalutiers sont les incontestables vedettes des prises de vues. C'est oublier une part importante de la vie maritime, notamment à Concarneau: la construction et la réparation navales. «Il suffit pourtant d'un peu de curiosité pour découvrir dans les zones portuaires des choses fabuleuses, des couleurs insoupçonnées, un savoir-faire traditionnel, des manoeuvres et des hommes qui donnent une activité riche», raconte Bernard Thomas, photographe de Quimperlé. De Lorient à Camaret, en passant par Le Guilvinec et surtout Concarneau, il a passé des mois autour des élévateurs ou des cales sèches, à guetter l'image étonnante, voire même émouvante.
À chaque port son identité
L'idée d'un tel travail lui est venue lors de son reportage poétique sur l'arrivée de la Calypso et son entrée chez Piriou, fin 2007. «Quand on me parlait de zone portuaire, je pensais à un univers gris, terne: je me suis rendu compte que je me trompais, je me suis alors intéressé au travail des ouvriers», indique Bernard Thomas. Ses 65 clichés dévoilent une palette splendide, fruit des peintures, soudures ou décapages, des décors qui inspireraient un réalisateur de films, des coques qui deviennent autant de personnages et surtout une vie intense. «J'ai ressenti une identité différente sur chaque port: au Guilvinec, les couleurs, à Lorient, la grande technicité et à Concarneau, la tradition des métiers», résume-t-il encore. Son exposition sera présentée du 10 au 26août, au Centre des arts, en association avec une trentaine d'oeuvres d'une autre photographe, en l'occurrence la reine des Filets bleus 2009, Charlotte Yan. Les «zones portuaires» feront ensuite l'objet d'un ouvrage, chez la maison d'édition quimperloise «Les chemins bleus», dont la sortie est prévue en octobre. À côté des nombreuses photos, les auteurs Pierre Colin, Melaine Favennec, Bruno Geneste et Alain Jégou confieront les impressions, les souvenirs qu'évoquent ces espaces de travail. De quoi donner l'envie de passer un peu plus de temps du côté du Roudouic, le regard attentif.

26 mai 2012

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