29 septembre 2009
Pour affiner ses prévisions en mer, Météo France fait appel à des observateurs comme Rémy Boennec, patron pêcheur récompensé pour 990 observations effectuées en 2008.
Pour initialiser ses modèles de prévisions, Météo France a besoin de nombreuses données d'observations en mer. Elles proviennent des satellites et de bouées, mais aussi de stations de type Batos. Une soixantaine de navires de lamarine nationale, de commerce et de pêche sont ainsi équipés. À bord de ces navires, en plusdes paramètres mesurés automatiquement, comme lapression, le vent, les températures de l'air et de la mer et l'humidité, d'autres telles que l'étatde la mer, la houle, la visibilité et le temps présent, nécessitent l'intervention humaine.
Bénévole et motivé
Pour ce faire, Météo France fait appel à des observateurs bénévoles. Rémy Boennec est l'un d'eux, et pas des moindres, puisqu'il a effectué 930 observations humaines validées en 2007 et 990, en 2008. Pour l'année 2009, il en comptabilise déjà 740. «Pour obtenir le diplôme demeilleur observateur, il faut avoir 300observations validées dans l'année», explique Louis Porhel, prévionniste marine à Brest. Formé en 1989, par Météo France, alors qu'il était patron du navire La Houle, sur lequel il a effectué des observations durant quatre ans, c'est tout naturellement qu'il s'est porté volontaire début 2007, pour l'installation d'une station sur son nouveau bateau, le Neizhan. «Je devais effectuer des observations toutes les trois heures. Ça me prend environ 15'», souligne Rémy Boennec, qui naviguait principalement sur la mer celtique et le sud de l'Irlande. Aujourd'hui, le Neizhan est en attente de déconstruction, mais le patron pêcheur se dit «prêt à remettre une station météo s'il reprend un bateau».
Un échange
Les informations envoyées par les observateurs sont intégrées quelques minutes après leur arrivée dans le bulletin diffusé par Météo France. Bien évidemment, les observateurs profitent également de leurs propres observations visuelles, ainsi que des informations fournies par la station automatique, pour un usage professionnel. «Il est important que cette contribution bénévole soit un échange. J'ai participé à des sorties avec Rémy. J'ai donc pu constater les problèmes des observations liées à la pêche. Le beau temps, pour un plaisancier, n'est pas le même que pour un pêcheur. C'est un échange très enrichissant», précise Louis Porhel.
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