3 février 2012
Un patrimoine, une identité. «Ni Concarnois, ni Beuzécois, gars du Lin suis»: natif de ce quartier populaire construit sur les comblements successifs de la vasière du Lin, Étienne Guillou résume l'esprit de l'endroit. Ici, selon les anciens, ce n'est pas le centre-ville, on est fier d'être du Lin: «C'était un quartier de marins, de charpentiers (chantiers Le Roy, Donnard...), d'ouvrières des conserveries (Ramell, Basset...), pas riche et surtout pas tape-à-l'oeil, il en est resté quelque chose».
Joseph, 86 ans, dit même sa fierté d'être de La Glacière, anciennement «le champ de lande», et se souvient des baraques d'avant-guerre où de solides amitiés se sont forgées. Cette identité s'exprimait aussi à travers les fêtes de la «commune libre du Lin», où l'on mettait en scène une visite en grande pompe du maire du Cabellou, comme pour insister sur certaines différences sociales.
Comme d'autres «anciens», sensibles au patrimoine comme le lavoir Saint-Jacques, Eugène Guillou regrette l'animation qui régnait dans ces petites rues aux maisons resserrées et sur l'actuelle avenue Alain-Le Lay, avec notamment sa dizaine de cafés dans les années 50. Ils sont aujourd'hui deux, le Jean-Bart et le bar du Lin, aux deux extrémités de l'avenue. Des lieux de convivialité toujours prisés.
Avenue Alain-Le Lay, un enjeu majeur. Axe principal du quartier, l'avenue est en quête, depuis des années, d'un nouveau dynamisme commercial. «Mais comment cette avenue peut devenir un lieu agréable avec toute cette circulation?», se demande Jean, un retraité. C'est que cette voie est devenue une entrée de ville, avec une circulation très dense à certaines heures, et parfois à vive allure... Difficile d'y flâner d'une boutique à l'autre! Le futur Plan global de déplacement prévoit une réorganisation de la voirie, avec plus de place pour les bus et les vélos. Les commerçants ont obtenu que le stationnement soit maintenu d'un côté.
L'ancienne école et son avenir. L'école du Lin a fermé ses portes en juillet2010, l'année de ses cent ans. Forcément, l'événement a marqué le quartier. Beaucoup de ceux qui l'ont fréquenté ont vu, à cette occasion, des souvenirs remonter à la surface. Mais la page est tournée. L'une des parties sera transformée par l'Opac en douze appartements (deux T3 et dix T2), pour un public de jeunes ménages. «Voir ainsi arriver des familles compense un peu la fermeture de l'école», résume Herveline Le Saux, présidente du conseil de quartier, qui exprime tout de même certaines craintes sur la future circulation dans la rue Dupetit-Thouars.
Des atouts. D'une manière générale, Herveline Le Saux se dit satisfaite de la vie au Lin. «Malgré la proximité du centre-ville, il existe ici une certaine tranquillité, dans les petites rues on n'entend pas un bruit». La réfection du parking est aussi largement saluée. Des idées existent pour son aménagement. Certains souhaitent aussi voir des terrasses fleurir quai Carnot ainsi qu'un lieu où des animations pourraient être organisées, pour que les habitants se retrouvent, comme pour se réapproprier l'esprit des fêtes de jadis. Pourquoi pas aux abords du lavoir?

27 mai 2012

27 mai 2012