20 juillet 2009
Le festival du polar du «Chien Jaune» s'est achevé hier. Une 15e édition marquée par de nombreux changements dont tous n'ont pas été suivis par le public. Bilan de ces trois jours avec Marie-Joëlle Letourneur, présidente.
Quel bilan tirez-vous de cette quinzième édition?
«Elle a été marquée par beaucoup de changements. On avait un peu moins d'auteurs, mais on a relevé des défis, notamment celui d'avoir un contenu culturel plus affirmé, autour de la Belgique. Autre changement notable, notre implantation sur le quai d'Aiguillon. Cela a un peu déstabilisé nos habitués qui ont cherché place Jean-Jaurés. Mais, au terme du premier jour, ils avaient pris le pli. Sur le plan des animations, la lecture performance de samedi soir était une vraie innovation. Le public semblait un peu déçu, trop habitué sans doute au traditionnel concert de jazz qui anime le festival depuis 15 ans. Si c'était à refaire, je pense qu'on opterait pour une demi-heure de lecture suivie d'un concert plus classique».
Et en terme de finances?
«Même si les livres se sont bien vendus, le chiffre d'affaires sera moins important que l'année dernière qui était excellente. Mais il reste satisfaisant. Pour cette édition, certains investissements ont été considérables. C'est par exemple le cas du site Internet. Il nous a coûté cher, mais on n'a pas de regrets car il était nécessaire. Côté subventions, c'est vraiqu'on a été confronté à une baisse d'environ 15% des montants alloués par la mairie, le département ou la région. Mais je pense qu'on sera à l'équilibre, ce sera une bonne année».
Il y aura donc un rendez-vous en 2010?
«Bien sûr, il n'y a pas de raison. Les gens seraient trop déçus si on n'était pas là l'an prochain. Même si c'est une organisation très lourde qui n'est portée que par un tout petit comité, nous ne sommes qu'une douzaine de personnes. Quant aux changements, on en gardera certains pour que le salon ne soit pas qu'une simple librairie à ciel ouvert».
Déjà des idées pour l'an prochain?
«Ce n'est qu'à l'état de projet, mais nous souhaiterions fusionner avec des salons belges pour donner au Chien Jaune une dimension européenne. En terme de contacts, nous avons la chance d'avoir Nadine Monfils et Christian Libens. Tous deux contribuent à développer notre réseau. D'autres auteurs ont déjà répondu favorablement pour la 16e édition, par exemple Annie Goetzinger, la seule femme illustrateur de BD noire. En terme de programmation, ce serait bien d'avoir d'avantage d'illustrateurs l'an prochain. On songe aussi à travailler avec les scolaires. Pourquoi pas avec la section hôtellerie du lycée Saint-Joseph? Elle pourrait préparer des recettes figurant dans des polars».
Des collaborations à prévoir?
«On souhaite intensifier les partenariats avec les commerçants locaux. Pour cette édition, ils étaient quelques-uns à avoir joué le jeu. Dans le même ordre d'idée, on va poursuivre celui débuté avec Livre et Mer, lors de leur dernière édition. Pour pouvoir perdurer, il faut que les festivals travaillent ensemble».
La 15e édition du Chien Jaune se prolonge jusqu'à la fin du mois, au travers des deux expositions mises en place dans le cadre du festival. Elles sont consacrées au Poulpe, le célèbre personnage créé par Jean-Bernard Pouy. ?? la Galerie de l'hôtel de ville sont présentés 60 originaux des couvertures de la collection signés Miles Hyman, tandis que la bibliothèque expose des oeuvres réalisées par les élèves de l'école Estienne, à Paris.
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