31 octobre 2009
L'hôpital plutôt que la prison. En condamnant un voleur, malade de l'alcool, à une peine de détention qu'il devra passer dans un établissement spécialisé, le tribunal a plus pensé à soigner qu'à réprimer.
Les audiences de comparution immédiate du vendredi ne réservent habituellement que peu de surprises. Un prévenu avec un casier chargé, un délit récent et reconnu pour, au final, une peine de prison ferme. Hier, le triptyque était d'ailleurs en place. À 38 ans, Arnaud Thibault comparaissait pour la cinquième fois devant une juridiction. Sur son casier, des vols, encore des vols. De menus larcins, jamais précédés d'effraction ou de violences. Mais tous commis sous l'empire de l'alcool. La liste des objets dérobés est aussi longue que le silence entre chaque mot prononcé par ce Quimpérois au bégaiement plus que prononcé.
Il récidive dès sa sortie de garde à vue
Au début de l'année, il avait été interpellé pour des vols de sacs à main ou d'objets divers dans des véhicules laissés ouverts. Quinze jours après sa sortie de garde à vue, il récidivait en dérobant des lunettes, un parapluie ou encore un lecteur MP3. Poursuivant ses larcins tout l'été dès qu'il avait trop bu. À chaque fois, il s'introduit dans des maisons laissées ouvertes ou visite les véhicules en stationnement.
Une carte de bus oubliée dans la maison
Les derniers faits qui lui ont valu une mise en détention jusqu'à son procès datent de la mi-septembre. Interpellé à son domicile du Moulin-Vert, il venait de commettre une série de vols dans trois pavillons de son quartier. Comment les forces de l'ordre l'ont-ils retrouvé? Mis en fuite par un propriétaire, il avait abandonné son sac à dos et sa carte de bus. À son domicile, les enquêteurs ont retrouvé les objets dérobés (appareil photo, palmes, casque...) mais aussi des butins antérieurs aux cambriolages. «Il y a eu des interpellations mais c'est comme si cela ne l'arrêtait pas, fustige le substitut Bergot. On a même le sentiment que cela s'accélère. Il risque de rentrer dans la professionnalisation du vol», s'inquiète le représentant du parquet qui requiert un an de prison dont huit mois avec sursis. Une peine que le substitut atténuera pourtant en sollicitant, fait rare, une prise en charge dans un établissement hospitalier pour la peine ferme. Le but étant de soigner l'alcoolisation massive du prévenu.
«Son butin laisse perplexe»
Demande à laquelle ne s'attendait visiblement pas son avocat, Me David Pavec, qui salue l'initiative du parquetier. «J'y adhère totalement. D'autant qu'une pathologie n'a pas été relevée chez lui: la cleptomanie. Il dérobe tout et n'importe quoi, il n'est pas guidé par l'appât du gain. Son butin laisse perplexe: des bouteilles, des clés, des combinaisons...» Au final, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le prévenu a bien été condamné à douze mois de prison, dont huit mois avec sursis et obligation de soins, mais il a placé la partie ferme sous le régime du placement en extérieur. Autrement dit, ses quatre mois de prison ferme se feront dans un centre hospitalier.
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