29 octobre 2009
Une féroce jalousie, alimentée de trois bouteilles d'alcool fort, a conduit un Quimpérois âgés de 30 ans à porter un coup de couteau à son rival, au bout de la dernière Fête de la musique. Il a été condamné, hier, à deux ans ferme.
Il a 30 ans, une vie en miettes, jalonnée de onze condamnations, dont l'une à cinq ans ferme. Il a été extrait de prison, pour une énième affaire de violences, qui aurait pu le conduire devant les assises. La victime s'en est tirée avec 21 jours d'ITT, mais la lame qui a ricoché sur sa cage thoracique pour lui entailler le biceps gauche n'est pas passée loin du coeur. Dans le box, entouré de son escorte, Sélim Keloufi semble sous camisole médicamenteuse.
«Il comptait me faire la peau»
Le 21juin, il était également dans un état second. Il se trouvait chez son amie quand un autre homme a sonné, un pack de bière sous le bras. Entre les deux hommes, un semblant de défiance s'est installé, défiance endormie par les verres de whisky et de Martini. Le trio est ensuite «descendu» vers la Fête de la musique, occasion de nouvelles libations. Puis il y a eu une «embrouille» entre le prévenu et sa copine. Sélim Kéloufi est parti de son côté et l'autre homme s'est proposé de raccompagner la jeune femme jusque chez elle. Lorsqu'ils sont arrivés devant son immeuble, Sélim y était déjà. Une échauffourée a éclaté entre les deux hommes. Le prévenu monte alors dans l'appartement, se saisit d'un couteau de cuisine dont la lame mesure 12cm et revient faire face à son adversaire. Le coup de couteau suit. «Il comptait me faire la peau alors j'ai pris les devants», lâche-t-il. Le blessé parviendra à rentrer chez lui en scooter avant de faire un malaise.
Quatre ans requis
«Vous pensiez qu'il allait draguer votre amie?», interroge la présidente. «Oui, c'était dans son intention». Il dit qu'il s'était muni de l'arme blanche pour l'impressionner. Le procureur l'aiguillonne: «Pourquoi ne vous êtes-vous pas enfermé dans l'appartement pour éviter le conflit?». Il requiert quatre ans de prison ferme. En défense, Me Buors plaide «pour une peine bien plus modérée». Il souligne l'alcoolisation massive des protagonistes. «La victime n'a pas une attitude irréprochable», rajoute-t-il. Il exhorte la présidente «à maintenir la dynamique de réinsertion que son client a entamée». Ce dernier est condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, et une mise à l'épreuve pendant 24mois.
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