16 octobre 2009
Le 10 septembre, le tribunal correctionnel de Quimper avait examiné une douloureuse affaire d'homicide involontaire, survenue une nuit de janvier 2007, à Rosnoën, au lieu-dit Guernevez.
«Conjonction de fautes des uns et des autres»
Cette nuit-là, le prévenu, grand gaillard de 30 ans, sortait de boîte de nuit. Sur une route limitée à 90 km/h, qu'il connaissait par coeur, il avait poussé sa voiture jusqu'à 110-120 km/h. À ses côtés, l'une de ses amies s'était assoupie. Leur soirée à tous les deux avait été bien arrosée.
Au cours de son trajet, il aperçoit subrepticement les phares d'une voiture, sur une route à sa droite, au loin. Puis, quelques instants plus tard, il ne peut éviter un véhicule, qui surgit d'un stop, juste devant lui. Il n'a pas le temps de freiner. Le choc est extrêmement violent.
Il semble que la jeune conductrice, âgée de 27 ans, qui a surgi, n'a pas marqué le stop. Elle sera tuée sur le coup. Elle aussi était alcoolisée. Les parents de la défunte, sans vindicte, s'étaient portés partie civile. «Elle n'aurait pas dû circuler en état d'ébriété. Mais si la vitesse du prévenu était excessive, quelle pouvait être son appréciation ?», avait plaidé leur avocat.
De la même façon, la procureur Bérengère Prudhomme, tout en convenant «une conjonction de fautes des uns et des autres», avait pointé l'alcoolémie du prévenu. Pour elle, c'était «une faute qui a participé à la survenance de l'accident». Elle avait requis un an avec sursis et une mise à l'épreuve avec obligation de soins, ainsi qu'une annulation de permis de conduire pour une durée d'un an.
«La cause est le franchissement du stop»
En défense, Me Gaëlle Nicolas avait plaidé avec conviction, estimant qu'il était impossible de déterminer si son client avait provoqué l'accident. «La cause est le franchissement du stop dans des conditions imprudentes. Quand bien même cela paraît difficilement acceptable sur le plan moral, il n'y a pas de raison de reconnaître mon client coupable».
Après en avoir délibéré, le tribunal l'a entendue. Le prévenu est relaxé pour le délit d'homicide involontaire. Il est condamné à deux amendes de 200 EUR pour des faits contraventionnels (deux pneus lisses et le dépassement de vitesse). La partie civile est déboutée.
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