29 avril 2009
Le centre hospitalier de Cornouaille envisage un plan en trois remèdes pour tenter de guérir de sa sursaturation chronique: lits post-urgences, programmation accrue et projet d'orientations médicales commun avec d'autres établissements.
Remède nº1. «La création anticipée d'une unité de médecine post-urgences de 18 lits, avec un potentiel de 26 lits, alors qu'elle n'était prévue qu'en 2012», décrit le directeur du centre hospitalier de Cornouaille (Chic) Jean-Roger Pautonnier. «L'estimation de notre besoin en lits en 2008 était en moyenne de 18 par jour en médecine. Si l'unité est occupée à 80%, elle répondra pleinement à ce besoin», expose Gilles Méhu, le président de la commission médicale d'établissement. L'unité va en fait être installée au 5e étage de l'hôpital, regroupée avec une autre unité de 30 lits de médecine interne. «Nous allons y affecter 1,1MEUR pour la création d'une dizaine de postes supplémentaires. Le surcoût sera entièrement financé par la T2A, la tarification à l'activité», précise le directeur du Chic. Remède nº2. «Nous allons développer l'activité programmée. Nous visons une progression de 5% par an. Ça passe par une réorganisation des secrétariats médicaux pour progresser sur le dossier des patients, une contractualisation avec les pôles de l'hôpital, la modernisation du lien avec les médecins de ville. Ces derniers pourront, par exemple, dès la fin 2009, joindre en direct au téléphone, à tout moment, les praticiens de l'hôpital», détaille Jean-Roger Pautonnier. La montée en puissance de l'activité programmée concerne, selon Gilles Méhu, aussi bien la chirurgie que la médecine. «Plus d'hospitalisation programmée la semaine, c'est aussi plus de week-ends libérés pour les personnels du Chic. Nous allons bâtir un contrat social autour de cela», assure le directeur. Remède nº3. «Travailler par anticipation à la loi HPST (Hôpital patients santé territoires, en cours de discussion au Parlement) sur un projet d'orientations médicales commun à Quimper-Concarneau, Douarnenez, Pont-l'Abbé et sans doute ultérieurement à Saint-Yvi. Autrement dit à des établissements qui participent à la permanence des soins», annonce le directeur du Chic. «Nous le voyons comme un cadre coopératif affirmé qui s'organise ensemble dans le respect mutuel de tous les établissements», affirme-t-il. «Il s'agira de renforcer les filières de proximité, comme le court séjour gérontologique par exemple, de répondre au problème des lits d'aval. Nous avons aussi intérêt à ce qu'il y ait de la chirurgie à Pont-l'Abbé, une alternative à la chirurgie lourde à Douarnenez, bref que les hôpitaux de proximité conserve de vraies activités, pour un vrai service aux populations et éviter une concentration des flux sur Quimper», commente-t-il. Un diagnostic commun des flux respectifs de patients est promis avant l'été. Une analyse approfondie sur chacun des établissements est programmée d'ici à décembre2009. La finalisation du projet d'orientations médicales commun est envisagée au premier trimestre 2010. Ce projet territorial intégrera-t-il à terme le privé? «Il y a déjà des coopérations avec la polyclinique de Quimper-Sud et la clinique mutualiste Saint-Michel. Il y a sans doute encore des possibilités de complémentarité pour conforter l'offre de soins, mais, pour ce qui est du problème de la suroccupation, à aucun moment l'une ou l'autre de ces cliniques ne nous a dit: "Nous allons vous aider"», exprime le directeur de l'hôpital. «Par ailleurs, nos missions diffèrent: elles ne sont pas assujetties à la permanence des soins. Nous si. Enfin, les systèmes de tarification n'encouragent pas les projets communs», poursuit-il.
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