4 février 2012
Le quartier est habituellement tranquille. Hier, peu avant 11h, l'effervescence du début de matinée avait même brièvement laissé la place au calme, à L'Arvorig, un bar-tabac situé entre la préfecture et la gare. Derrière le comptoir, la commerçante venait de demander à un client, seul dans l'établissement, de régler sa bière. En guise de réponse, il aurait, à ce moment-là, soulevé ses vêtements pour laisser apparaître une arme de poing. «Il m'a dit "je n'ai pas d'argent, mais j'ai ce qu'il faut sur moi"», racontait hier soir la commerçante, encore sous le choc. Il aurait, à ce moment-là, déposé l'arme sur le comptoir. «Sans jamais me menacer physiquement», précise la victime. Visiblement pas prêt à payer sa consommation, le «client» -un jeune homme âgé de 26ans- entendait terminer son verre tranquillement, avant de reprendre son chemin. Le dernier verre d'une matinée, semble-t-il, bien arrosée.
«Appelle la police»
Malgré la peur, la commerçante ne s'est pas démontée, confiant un petit mot écrit à un client, lui demandant discrètement de le remettre à son voisin, coiffeur. «Une personne s'est présentée. En entrant dans le salon, elle était blanche et m'a aussitôt tendu un papier», raconte le coiffeur. Il y était écrit: «On est en train de me braquer, appelle vite la police». S'exécutant sur le champ, le coiffeur a composé le 17. «Je suis allé dans la rue, avec le policier au téléphone, pour tenter de voir discrètement ce qu'il se passait à l'intérieur. Je parlais assez fort», raconte-t-il. Une conversation entendue par un passant. «Un gendarme en vacances». Sans attendre l'arrivée des policiers, le militaire a aussitôt pénétré dans l'établissement, feignant d'acheter du tabac. Profitant de l'inattention du «client», accoudé au bar, «il a ceinturé le gars», poursuit le coiffeur.
La réplique d'une arme de poing
Dans la chute des deux hommes, le pistolet est tombé sur le sol. «Le gars a crié "c'est pas une arme"», raconte encore le témoin. En guise d'arme, il s'agissait en fait d'un pistolet airsoft. Une réplique tirant des billes, achetée quelques heures plus tôt dans une armurerie de la ville, d'après les premiers éléments recueillis par les enquêteurs.
En garde à vue
Rapidement sur les lieux, les policiers n'ont pas eu de difficulté à interpeller le suspect. Il n'a opposé aucune résistance. L'homme, bien connu de la justice et domicilié chez son frère à Quimper, a été placé en garde à vue. Hier soir, le parquet attendait la fin des auditions pour se prononcer sur un éventuel déferrement du mis en cause. Et notamment d'établir la nature précise des menaces. Le rideau de L'Arvorig est, lui, resté baissé une bonne partie de l'après-midi. Le bar-tabac a rouvert ses portes après 18h.