6 mai 2009
Au centre hospitalier de Cornouaille, les patients et visiteurs sont invités, comme le personnel, à respecter une intraitable hygiène des mains. C'est la prévention des infections qui est visée.
«Désinfectez-vous les mains dans la chambre si vous êtes visiteur ou hospitalisé». Le message est désormais affiché à proximité des 1.200 lits du centre hospitalier de Cornouaille. C'est une nouvelle étape du plan hygiène des mains décliné à l'hôpital ces dernières années. «En 2006-2007, nous avions formé tous les médecins et personnels soignants de l'hôpital. En 2007-2008, nous avions réalisé une soixantaine d'audits sur leurs pratiques d'hygiène et de soins dont les performances se situent au-dessus des préconisations nationales. Nous invitons désormais les patients et visiteurs à s'impliquer eux aussi, en se lavant les mains avec le même produit hydro-alcoolique, afin de réduire encore un peu plus les risques d'infections nosocomiales», résume le Dr Gwénaël Rolland-Jacob. Le médecin pilote l'unité d'hygiène et d'épidémiologie de l'établissement. Les membres de l'unité ont animé un stand, hier dans un hall de l'hôpital, à l'occasion de la journée mondiale «Hygiène des mains» initiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Bénévoles formés
Par visiteurs, il faut entendre proches des patients mais aussi ces dizaines de bénévoles associatifs qui les accompagnent régulièrement. Telle cette femme de l'aumônerie venue chercher de la documentation hier matin sur le stand. «Nous pouvons former vos bénévoles à l'hygiène des mains, nous l'avons fait récemment pour les blouses roses. Il suffit de nous appeler», lui indique Patricia Février, cadre de santé à l'unité d'hygiène et d'épidémiologie. «C'est important que vous soyez formés, car vous passez d'une chambre à l'autre», insiste l'infirmière. «L'hygiène des mains c'est un véritable coupe-circuit des risques d'infections», lui confie le Dr Rolland-Jacob.
Baisse de 40%
À propos, cette politique volontariste contribue-t-elle effectivement à prévenir les infections nosocomiales? «Nous avons constaté ces trois dernières une baisse de 40% des infections liées à une bactérie multirésistante, le staphylocoque doré, et nous n'avons plus de cas groupé, de pic épidémique», assure le spécialiste. «Tous germes nosocomiaux confondus, y compris ceux qui entrent à l'hôpital avecles patients, nous sommesarrivés à 80 cas par an, alors que nous pouvions avoir des picsà 120 voire 150 avant 2005», éclaire Gwénaël Rolland-Jacob. Son unité se fixe désormais pour objectif de trouver le moyen de clipper directement sur les lits les distributeurs de lotion hydro-alcoolique. «Plus nous sommes près du patient mieux c'est, car un soin propre est un soin plus sûr», signifie le médecin. Son unité continue aussi à sensibiliser au bon usage des antibiotiques à l'intérieur comme à l'extérieur de l'hôpital. Autre condition sine qua non d'une lutte encore plus efficace contre les infections nosocomiales.
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