23 février 2012 - 2 réactions
«Je veux m'arrêter. C'est un choix personnel pour me protéger moi-même», explique Henri Moullec. Avec son épouse il avait créé la société en 2007. «Ma femme était gérante, elle a décidé de démissionner, j'ai pris la gérance en 2010 pour assurer la continuité, elle est devenue l'une des trois salariés». «Fin 2011, j'ai lancé une campagne commerciale axée sur les prix avec l'arrivée d'un nouveau concurrent, pour motiver l'équipe et garder les clients. Je voulais passer du prélèvement au paiement comptant, en une fois au lieu de douze. Je voulais du paiement cash, car il y avait trop de problèmes d'impayés, c'était difficile à gérer», affirme-t-il, disant n'avoir pas proposé d'échelonnements de paiements.
«Un découragement....»
Difficultés familiales, divorce, contentieux avec le propriétaire des locaux, agression le 7janvier de son ex-épouse sur le parking... il évoque toute une série d'événements qui l'emmènent vers un «découragement». «J'ai prévenu les salariés. On avait convenu d'une réunion le samedi 18février dans un bar, pour trouver une porte de sortie. J'avais trois possibilités: les associés faisaient un apport, un plan de cession, céder aux salariés. J'étais dans cette dernière optique», précise-t-il. «La veille, cinq adhérents m'attendaient pour me demander le remboursement de leurs abonnements». Une entrevue qui s'est soldée par un dépôt de plainte du gérant le lendemain matin au commissariat de Quimper pour «menaces verbales».
«C'est parti en vrille...»
«Je ne me suis pas rendu à la réunion du samedi matin. J'ai été prévenu que 20 à 30 clients m'attendaient. J'ai appelé les salariés pour leur dire que je ne voulais pas continuer, ils étaient au courant». «J'ai essayé de bien faire les choses, de trouver un repreneur. C'est parti en vrille tout de suite, la dynamique s'est brisé ce week-end là», ajoute-t-il. Quant au déménagement des seize vélos RPM (et non 19 précise-t-il). «C'était une nouvelle activité créée en septembre. Ils étaient mis à disposition de la salle pour un contrat de location. Mon ex-épouse avait mis les fonds, 12.000 EUR. L'option était de vendre les vélos et apporter du cash à la société».
«Lundi, je m'y suis mal pris...»
«Lundi, je m'y suis mal pris, je n'ai pas l'habitude de gérer une situation comme ça», reconnaît-il, après avoir annoncé la fermeture aux clients par une petite affichette collée sur la porte d'entrée. «J'ai géré dans l'urgence, il y a peut-être des choses que j'ai mal faites». «Lundi matin, j'ai eu un coup de téléphone de l'Inspection du travail pour me dire que les salariés étaient étonnés que la société soit fermée. Après, cela a été la gendarmerie de Plogastel-Saint-Germain, puis de Quimper... », dit-il déboussolé.
Remboursements: prêt à étudier au cas par cas
HenriMoullec dit comprendre l'inquiétude des clients. «J'ai encaissé les chèques à la date d'émission», affirme-t-il. «Je vais me pencher sur le problème, je suis d'accord pour regarder au cas par cas les dossiers récents, les facilités de paiements accordées», annonce-t-il. «Je demande aux clients d'écrire à Planète Forme, je ferai le maximum pour rembourser. Moi, avec le dépôt de bilan, je vais perdre 57.000EUR».