18 juin 2009
Des bacheliers planchent aujourd'hui sur l'épreuve de philosophie. La philo, j'y pense puis j'oublie? Des retraités de l'Arpaq se délectent, eux, visiblement des «petits-déjeuners philo » de l'association. Elle lance sa deuxième saison.
«Freud leur faisait un peu peur, raconte Dominique Rousset (Arpaq). Et puis un jour, les médiatrices de la médiathèque ont été surprises de se voir demander l'?Introduction à la psychanalyse? par trois-quatre retraitées». Ces retraitées-ci sortaient de l'un des huit petits-déjeuners philo lancés par l'Arpaq à l'automne 2008. «Ça nous titillait depuis quelque temps déjà , explique Hervé Le Troadec, le directeur de l'association. Nous avions des demandes de nos adhérents. Ils manifestaient le besoin de discuter, de trouver des repères sur des sujets qui les concernent dans leur vie quotidienne, qui touchent aux évolutions de la société.»
«Des mots forts...»
Dominique Rousset a imaginé une programmation. Depuis, philosophe, sociologues, médiatrice culturelle se succèdent, selon les thèmes défrichés, aux séances philo de l'avenue des Cols-Verts. Leur public ne dépasse pas trente personnes. «C'est le seuil maximum si l'on veut préserver une certaine intimité et une liberté de parole. Un jour, nous avons abordé le droit à l'oubli, les réflexions se sont révélées très personnelles, poignantes. Des mots aussi forts n'auraient vraisemblablement pas été prononcés si le public avait été nombreux», commente Dominique Rousset. Le revers de la médaille, «c'est que nous laissons des gens de côté à chaque petit-déjeuner», reconnaît Hervé Le Troadec. «Pour l'année prochaine nous essayons d'imaginer autre chose, de sortir de l'Arpaq, à l'image de ce que nous faisons avec le Bistrot mémoire, en nouant des partenariats dans l'agglomération», complète-t-il. «L'engouement est tel que l'on voit les personnes poursuivre un débat en aparté dans le hall, un peu plus loin sur le trottoir ou prolongé la conversation quinze jours après», s'amuse le directeur. Qui sont ces retraités passionnés de philo? «D'abord il y a des gens plus jeunes qui viennent parfois. Ensuite les auditeurs sont très majoritairement des femmes, issues de milieux sociaux, culturels, professionnels très variés», décrit Dominique Rousset.
«C'est enthousiasmant»
Parmi elles, un noyau dur d'assidues qu'elle n'a pas eu de mal à associer à la définition de la programmation 2009-2010 (lire ci-contre). «Ça c'est enthousiasmant, sourit-elle. Comme c'est intéressant de constater que des personnes d'abord venues pour écouter ont peu à peu participé aux débats. Prenant conscience que chacun, avec ses mots, arrive à appréhender les thèmes proposés, fait évoluer sa réflexion personnelle, parfois de façon spontanée et à haute voix, et apporte à la réflexion collective.» Pour ces retraités, qui souvent n'ont pas passé le bac philo, l'appétence s'est sans doute nourrie, secrètement, tout au long de la vie. Côté Arpaq, les petits-déjeuners contribuent à «casser une image un peu vieillotte d'association de clubs de quartiers». «Ce que nous sommes en partie, heureusement, mais pas seulement», signifie Hervé LeTroadec.
«Chacun, avec ses mots, parvient à appréhender les thèmes proposés».
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