26 septembre 2009
L'activité de Mobil'Emploi a crû de 40% en 2008, avant même les effets de la crise. 875 personnes, parmi les plus précaires et démunies, ont ainsi pu se rendre au travail grâce aux navettes et locations de véhicules de l'association.
«Nous allons chercher des gensdès 4h du matin pour les conduire au boulot et nous en raccompagnons chez eux jusqu'à 23h, avec trois roulementsde navettes à quatre ou huit places dans la journée», décrit Maurice, 56ans, chauffeur depuis janvier2008 à Mobil'Emploi. «Sans nous, et parce qu'il n'y a pas de transports en commun à ces heures-là , des salariés ne pourraient pas se rendre à leur travail ou devraient parcourir des kilomètres à pied ou à vélo. Certains l'on fait d'ailleurs», complète-t-il avec Mohamedi, 35 ans, recruté en août2009. Comme huit autres chauffeurs,un mécanicien et une secrétaire, Maurice et Mohamedi sontemployés par Mobil'Emploidans le cadre de contrat aidés (26heures/semaine auSmic). Objectif: (ré) insertion.
Navettes, cyclos et autos
Ils ne chôment pas d'ailleurs. Les navettes domicile-travail qu'ils conduisent ont transporté 730personnes en 2008, principalement en Cornouaille et un peu dans le Centre Ouest Bretagne, contre 448 en 2007. «Une augmentation de 63% que l'on ne sait pas bien analyser pour le moment», reconnaît Françoise Gourlaouen, directrice de Mobil'Emploi depuis avril2009. «Le phénomène a commencé avant la crise, et ces besoins en transport restent forts en 2009», commente Michèle Lecomte, la présidente de l'association. Au total, Mobil'Emploi a épaulé 875 hommes et femmes, tous adressés par des structures sociales locales, en 2008. Car en marge des navettes, Mobil'Emploi loue des deux-roues (2 EUR par jour travaillé). Elle détient une flotte de 40 scooters et cyclomoteurs, disponibles depuis Quimper etdes points relais à Châteaulin,Quimperlé, Douarnenez, Plouhinec, Fouesnant, Scaër et Carhaix. L'association a d'ailleurs constaté une baisse de 27% de leur utilisation en 2008: seuls 123 personnes les ont loués contre 170 en 2007. En revanche, la location de voitures a progressé entre 2007 (huit utilisateurs) et 2008 (22). Mobil'Emploi possède un parc de dix voitures. «Nous avons revu nos tarifs, car nous étions trop chers, confie Michèle Lecomte, de 42 EUR à 23 EUR la semaine, et de 10 EUR à 5 EUR la journée.»
300 moins de 26 ans
Qui sont les usagers de Mobil'Emploi? «Principalement des salariés précaires, des intérimaires, des demandeurs d'emploi qui vont suivre une formation, des gens qui travaillent sur des chantiers d'insertion». En Cornouaille, 55% d'hommes et 45% de femmes en 2008. Pasmoins de 300 avaient moins de 26 ans, 243 entre 36 et 50ans, 187 de 26 à 35 ans et 59plus de 50 ans. La majorité vit dans l'agglomération quimpéroise. «Le gros du travail c'est entre 5h et 8h puis de 18h à 22h», résume Maurice, par ailleurs chauffeur de car à temps partiel chez un autocariste. Il y a un projet professionnel en vue. «Je vais avoir une opportunité de CDI», sourit l'ancien mécano et vendeur de cycles pendant quinze ans. Quant à Mohamedi, lui aussi vendeur pendant sept ans, puis intérimaire et en CDD, il ambitionne de trouver à Mobil'Emploi un «tremplin pour rebondir vers quelque chose de plus définitif».
«Le gros du travail c'est entre 5h et 8h du matin puis de 18h à 22h».
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