6 novembre 2009
L'audition des mineurs victimes de maltraitance se fera désormais dans des locaux adaptés, à l'hôpital. La qualité de cet accueil servira aussi le travail des policiers et gendarmes.
Ils sont déjà quinze à s'être assis autour de la petite table ronde. Ils ont entre 3 et 12 ans. Dans un coin de la pièce, un petit meuble rempli de peluches et de poupées. Sur les murs, des dessins d'animaux. En face des quinze enfants qui se sont succédé au fil des jours, à chaque fois, il y avait un policier ou un gendarme. Derrière la grande vitre sombre, d'autres personnes s'assuraient de l'enregistrement audiovisuel. Tout a été fait pour que les petites victimes d'agression puissent parler dans un environnement adapté et surtout n'aient pas à se répéter. L'audition de mineurs victimes d'agression physique, psychologique, sexuelle n'est pas rare. «Sur trois cas de maltraitance, un concerne un mineur», explique Pascal Guillot, responsable du secteur social au centre hospitalier.
Un espace plus accueillant
Depuis l'ouverture de l'Unité d'accueil médico-judiciaire début octobre, quinze enfants ont donc été entendus. Avant, ils auraient été auditionnés à la gendarmerie ou au commissariat. Des lieux «trop porteurs de sens» comme l'a dit le procureur Eric Tufféry, en un mot traumatisants, pour de jeunes victimes en état de fragilité. L'idée a été d'aménager un espace plus accueillant à l'hôpital. Le montage du projet a demandé du temps. La convention initiale a été signée il y a deux ans entre le directeur de l'hôpital, le procureur de la République, le président du Tribunal de Grande Instance et le Préfet du Finistère. Cet été, un protocole de prise en charge des mineurs y a associé, outre les représentants de la police et de la gendarmerie, les associations «La voix de l'enfant», «Enfance et Partage» et Agora Justice. Cette délocalisation d'une activité judiciaire dans les locaux de l'hôpital s'est faite en parallèle avec la mobilisation des services sociaux de l'établissement. «Il y a 23 personnes dans le service qui pourront être réquisitionnées pour assurer l'accompagnement social des mineurs ou de leurs familles, dit Pascal Guillot. Chaque dossier demande environ six heures d'accompagnement».
Un lieu pour rassurer
Hier après-midi lors de l'inauguration des lieux, le préfet Pascal Mailhos s'est félicité de cette importance accordée à l'accueil des victimes. «C'est un lieu pour rassurer les enfants, les écouter dans de bonnes conditions, les protéger dans un lieu qui soigne. Nous espérons que cela servira de modèle. Revenir en arrière ne serait pas satisfaisant pour l'ensemble des intervenants». Patrick Le Quinquis, président du tribunal, a souligné l'importance pour les juges de la qualité des premières auditions. La prise en compte de la souffrance des victimes servira aussi la cause de la justice.
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