29 avril 2009
Suroccupation actuelle. «Nous sommes toujours au plus haut niveau de suroccupation, avec 27lits supplémentaires et des équipes renforcées», a confirmé hier le directeur du Chic Jean-Roger Pautonnier. Diagnostic chiffré. «Depuis décembre, nous avons connu deux plans blancs, soit une surcapacité maximale de 53 lits et de 35 lits en moyenne sur la période», résume le directeur. «Les flux sont tendus depuis trop longtemps ici», insiste-t-il. Les raisons du mal? «La suroccupation ne vient pas d'une diminution potentielle en lits, assure Jean-Roger Pautonnier. L'hôpital est en fait en situation de saturation. Le nombre d'entrées en hospitalisation a progressé de8% entre2003 et2008, la durée moyenne de séjour n'a cessé de baisser (5,44jours en 2008), le taux de rotation des patients augmente (62,10patients par lits en 2008,+3 par rapport à 2007) mais le taux d'occupation est supérieur à 92% ces trois dernières années. Or à 80% on peut réorganiser, à 92%, l'hôpital est engorgé!» Facteurs aggravants. «Les patients sont de plus en plus âgés, avec des pathologies de plus en plus lourdes (insuffisance cardiaque ou respiratoire, accident vasculaire cérébral, etc.) qui demandent des mesures plus importantes d'hospitalisationet des réponses médico-sociales complexes», complète Gilles Méhu, le président de la CME. Les 75 ans etplusreprésentent 35% des passages aux Urgences, la part des patients hospitalisés âgés de 86 à 90 ans a augmenté de plus de 55% entre2006 et2008, avec de plus en plus de pathologies générales mal identifiées (altération de l'état général, chute, confusion, fièvre, douleurs abdominalesetc.). Dans le même temps, la part des 19-74ans (50% de la fréquentation du Chic) continue elle aussi de progresser. «Inadaptation». L'agrégation de toutes ces informations aboutit à cette conclusion du Dr Méhu: «On est passé d'un concept de suroccupation à un concept d'inadaptation». Il fait référence au désordreengendré dans les services del'hôpital, à la baisse inévitablede la qualité de la prise encharge des patients, comme àcelle du travail des personnelssoumis à des flux tendus et parfois très proches du «burn out». L'absentéisme de courte durée a d'ailleurs progressé ces derniers mois chez les soignants.
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