29 octobre 2007
Claude Fagnen, ancien directeur des Archives départementales du Finistère, n'en démord pas. La « Maison Le Roy » date bien du XI e siècle, même si elle a été remaniée à plusieurs reprises les siècles suivants. Un avis qui n'est d'ailleurs toujours pas partagé par Jean-Philippe Brumeaux, animateur du patrimoine, absent samedi. « Il a raison sur un point. Les fenêtres à croisillons que l'on peut observer au premier niveau sont typiques du XVI e siècle ».
Une maison de 650 ans
Mais pour Claude Fagnen, le plus important est ailleurs, sur la façade sud, au niveau de la rue. « Regardez la superficie de la fenêtre. Elle est bien moins importante que celle située juste au-dessus, qui date du XVI e siècle, époque où l'on cherchait à faire entrer la lumière dans les maisons. Remarquez également l'arcature ogivale de la porte. Ce sont des caractéristiques architecturales du XIV e siècle. Cette maison a 650 ans. C'est la plus ancienne maison de Quimper et aussi la plus ancienne maison urbaine du Finistère », soutient l'ancien archiviste. « Un grand spécialiste des demeures médiévales, Pierre Garrigou-Grandchamp, a confirmé la datation de la maison. L'intérieur dessine un léger losange au sol. À l'époque, on ne connaissait pas l'angle droit. Il a été redécouvert à la Renaissance, époque où l'on redécouvre l'architecture romaine ».
De l'autre côté de la rue, il admire les façades arrières de deux maisons du XVI e siècle. Ce sont aujourd'hui des commerces qui ont pignon sur rue... Keréon. Claude Fagnen désigne les grandes fenêtres du premier étage. « Elles aussi datent du XVI e siècle. Ce sont des fenêtres à meneaux, dont on a fait disparaître les croisillons en 1798 avec la loi sur les portes et fenêtres. L'impôt portait alors sur leur nombre ». Ces maisons appartiennent aujourd'hui à des propriétaires privés. Avec l'ouverture au public de la rue Treuz, il n'est pas impossible qu'elles retrouvent un nouveau lustre.