27 mai 2009
La rancune qu'il nourrissait envers cet homme a débordé vendredi, quand il l'a croisé dans les rues de Rosporden. Le prévenu violent a été condamné à quatre mois de prison ferme. Ils ne s'étaient pas vus depuis l'audience du 27avril dernier, devant le tribunal correctionnel de Quimper. Tous deux comparaissaient pour infraction à la législation sur les stupéfiants. Les débats avaient été électriques, à tel point que la future victime avait quitté le tribunal aux côtés d'un vigile pour que tout cela ne finisse pas en pugilat.
«Tu vas payer pour ce que tu as dit»
Et voilà que vendredi, à 10h30, les deux hommes se retrouvent par hasard dans les rues de Rosporden. Il est 10h30. L'un vient remettre un DVD dans une borne de location. «J'ai essayé de verrouiller ma portière mais je n'en ai pas eu le temps», raconte-t-il. Il va recevoir plusieurs coups de poing et de coude au visage. «Tu vas payer pour ce que tu as dit», fulmine David Rognant, 31 ans, qui s'empare aussi de son portefeuille et des clés de contact, avec pour projet de les jeter un peu plus loin, «pour le faire c..., pour qu'il rentre à pied». Avant de partir, il casse deux rétroviseurs, et enfonce deux portières à coups de pied.
«Si j'avais pu, je lui aurais mis plus»
Entouré de deux gendarmes, le prévenu, jugé hier en comparution immédiate, n'a pas la même version: «Nous nous sommes aperçus. Il m'a regardé d'un air provoquant. Nous nous sommes insultés». Pour lui, il n'y a eu qu'une claque. Le certificat médical a pourtant dénombré plusieurs ecchymoses au visage et une fracture du nez. Le président Perrussel est dubitatif: «Vous avez déjà été condamné fin mars pour des violences. Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose qui cloche dans tout ça?». Ce sont justement ses précédentes condamnations - il y en a trois autres - qui révèlent «un problème certain de comportement» pour le procureur Le Moine qui rappelle qu'en garde à vue, le prévenu ruminait encore sa vengeance par ces mots: «Si j'avais pu, je lui aurais mis plus». Pour le magistrat du parquet, «les représailles contre un témoin à l'issue d'une audience sont des faits particulièrement graves». Il requiert, «compte tenu des antécédents», deux ans de prison, dont 12 mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans.
«Il a toujours pris des coups»
En défense, Me Anne Guillerme rappelle que la victime était délibérément provocatrice lors de l'audience du 27avril. Et, selon elle, l'acharnement décrit lors de l'agression de vendredi est exagéré. «Mon client a un problème de violence, c'est vrai. C'est quelqu'un d'impulsif. Depuis ses 12ans, il se débrouille tout seul. Il a toujours pris des coups et il ne sait que répondre de cette façon». Elle plaide pour une obligation de soins. Elle est partiellement entendue: David Rognant écope de huit mois de prison, dont quatre avec sursis et une mise à l'épreuve pendant deux ans, avec obligation de soins.
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