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Kan ba'n dans. Chanter en dansant

5 février 2012

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La danse bretonne est bien connue. Le kan ha diskan aussi. Mais le fait d'allier les deux, le kan ba'n dans (ou chant dans la danse) beaucoup moins. Un stage s'est terminé, jeudi soir au conservatoire de Quimper. Quatorze personnes y participaient depuis octobre.

«C'est très intéressant et très important. On allie un mouvement, une musique et un texte: la danse, le chant et les paroles». Brigitte Kloareg est une convertie du kan ba'n dans, le chant dans la danse. Alors, depuis quelques années, cette chanteuse de kan ha diskan anime des stages au conservatoire de musique de Quimper, avec Thierry Riou, professeur de danse à la confédération War'l Leur. Ce jeudi soir, ils sont 14 à se mettre en place dans la salle Ravel.

L'objectif: mener la danse

Et Brigitte Kloareg sonde les troupes. Elle demande à chacun des stagiaires quelle chanson il préfère mener pour le fest-deiz qui se déroule cet après-midi à Ti ar Vro. «Il y a eu sept séances de stage. L'idée de départ, c'est qu'ils mènent un chant à la fin de leur stage», précise-t-elle. Les choses débutent en douceur. «On va commencer par le bal, lance Thierry Riou. Allez, on se met deux par deux.» Le professeur reprend les fondamentaux. «Trois petits pas et pose pied droit, trois petits pas et pose pied droit». Avant de commencer à chanter. «Dessus le pont de Nantes...» Tous les danseurs répètent et exécutent les pas de danses. Parmi eux, la plupart sont des musiciens du conservatoire. Certains sont là par choix, pourd'autres, c'est un passage obligé.

«On force les musiciens à chanter»

«À l'école de musique, on force les musiciens à intégrer le composant chant, explique Brigitte Kloareg. Au départ, ils ne vont pas de bon coeur, mais c'est important pour eux. Le fait de chanter les débloque car les musiciens ont tendance à négliger la voix». C'est d'ailleurs Simon qui mènera le Loudéac aujourd'hui. À trois jours de l'échéance, Brigitte prend en charge le talabarder (sonneur de bombarde) pour répéter à part. Mais dans la grande salle, c'est au tour d'Anna de chanter seule. Cette petite fille de Diwan est venue avec de nombreuses autres copines. Et pas de doute, elles s'amusent beaucoup. «Je dois être un garçon, parce que c'est moi qui chante», dit-elle à Thierry. Le professeur calcule le mouvement et la replace au bon endroit. Car dans cette forme du rond de Loudéac, les cavalières doivent passer de garçon en garçon avant de reformer le couple. Anna se lance. «Bonjour bonjour, ma p'tite cousine, je suis venue t'y voir».



Si la plupart des chansons sont en français, certaines sont en breton, comme le célèbre «Tri martolod» ou le tamm-kreiz «Gwechall e oa». Pour les professeurs, pas de doute, cette forme de chant permet de mieux respecter les pas de danse.

«Il n'y a pas de scène donc ça crée plus de lien»

«Cette méthode change la manière de chanter et de danser, estime ainsi Thierry Riou. Les gens chantent plus lentement. Il n'y a pas de scène, donc ça crée plus de lien entre tous, chanteurs comme danseurs. Pour les musiciens, je pense et j'espère que ça change leur manière de jouer également!» Brigitte Kloareg va dans ce sens. «En se mettant à pratiquer le chant dans la danse, ils apprennent mieux. Car en fonction du chant, le rythme rentre tout seul».
Au bout d'une demi-heure de travail, le jeune talabarder revient. «Alors Simon, ça va? T'es prêt?» «Ça peut aller», répond-il timidement. «Le chant ça va, réagit Brigitte Kloareg. Maintenant faut voir ce que ça vaut dans la danse». Sur ce point, c'est aujourd'hui qu'il pourra le savoir.

Pratique Fest-deiz du conservatoire de Quimper, de 15h à 18h, à Ti ar vro Kemper, 3esplanade Famille-Gabaï.

  • Kenan an Habask
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