19 mai 2009
Socialistes et sociaux-démocrates se sont entendus sur un manifeste. Êtes-vous plutôt socialiste ou social-démocrate?
Je suis plutôt social-démocrate européen, de facture socialiste française, et totalement fier de l'être. Mon point d'équilibre et ma culture politique sont là. Sans la moindre réticence. J'appartiens à la tradition des libertés de la gauche.
Qu'est-ce qu'un social-démocrate?
Il est favorable à l'économie de marché, face aux communistes et notamment trotskistes, parce que c'est une économie dans la liberté. Face au capitalisme, un social-démocrate est un régulateur. C'est ça, son point d'équilibre, même s'il est mouvant selon les conjonctures. «Régulation», ça veut dire droits sociaux, services publics, redistribution des richesses, rapport à l'impôt et place de l'État... C'est variable selon les pays. Il n'y a pas de modèle unique. L'acceptation de l'impôt chez les Scandinaves n'a rien à voir avec l'acceptation de l'impôt chez les Français. Eux acceptent, nous moins!
Une majorité, même à géométrie variable, pourrait-elle se dégager du scrutin?
Il n'y aura pas de majorité. Au Parlement chacun espère avoir le plus gros groupe, le plus grand nombre d'alliés. Mais il n'y a pas une gauche ou une droite une fois pour toutes. Il n'y a pas de discipline de vote dans les groupes. Au PSE, il peut y avoir 60 dans un sens et 150 dans l'autre et il n'y aura pas de sanction. Le Parlement européen n'est pas en noir et blanc, il y a du gris.
Ce gris-là ne contribue-t-il pas à rendre l'Europe moins lisible pour les citoyens?
Ça complique, c'est indéniable. À nous de leur expliquer la réalité de la construction européenne. Sans leur mentir. On ne peut pas faire campagne ici en laissant entendre que l'on peut transposer le cadre politique national à l'échelon européen. Ce n'est pas vrai! Quand on est Français, ce point-là est accentué, car nous n'avons pas de tradition de grande coalition politique, comme en Allemagne ou dans des États fédéraux. C'est Sarko/anti-Sarko ici, c'est trop simpliste. Ce n'est pas ça l'Europe!
Comment les aider à y voir plus clair?
J'anime quinze réunions au cours de cette campagne. Je commence toujours par dire aux gens ce que sont les institutions et l'Europe. Je leur dis aussi qu'ils ne changeront pas les gouvernements européens. Ils ne vont pas décider des 27 commissaires. Je leur dis même: «Vous allez élire des parlementaires européens pour 2009-2014. Mais pendant la période, le Conseil des ministres européen va changer, car il y aura des élections en Allemagne en 2009, en Angleterre en 2010, en France et en Espagne en 2012, etc. Qui va gagner? Personne ne sait. Ça c'est la réalité de l'Europe!»
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