31 octobre 2009
Depuis trois ans, elle prenait la poussière aux objets trouvés. Après un séjour prolongé dans l'Odet. Hier matin, la belle «Venise» a été restituée à ses propriétaires. Heureux.
Son histoire a fait surface en 2006, à la faveur d'une intervention des pompiers de Quimper sur l'Odet. Entre Lanniron et le Corniguel, un passant croit apercevoir une femme en difficulté à marée basse. Il ne s'agira «que» d'une sculpture en bronze d'une cinquantaine de kilos dont la cambrure fait penser à une figure de proue. Ses courbes en font rapidement l'égérie des pompiers qui la conservent quelque temps dans la caserne avant de la confier au service des objets trouvés de la ville. Un an passe et personne ne se manifeste pour la belle inconnue. Selon la loi, la municipalité peut la vendre et verser les bénéfices au service des domaines. Elle ne l'entend pourtant pas de cette oreille et décide de mener l'enquête. «Ce n'est pas dans nos attributions de faire des recherches, souligne l'adjoint Piero Rainero, mais l'objet avait une valeur importante, il aurait été dommage de se l'approprier. On se doutait bien qu'il y avait un propriétaire».
La fille de la sculptrice
Fabienne Kervarec mène l'épineuse investigation et prend le temps de se pencher sur la statue. La responsable du service population y décèle soudain le nom d'une sculptrice de renom: Marie-Paule Deville-Chabrol, artiste qui a notamment réalisé le buste de la Marianne 2000, Laetitia Casta. «J'ai fait suivre des photos, il s'agissait bien de son oeuvre, créée en huit exemplaires en 2001 et dénommée «Venise». C'est sa fille qui est représentée, explique Fabienne Kervarec. L'artiste savait que l'oeuvre avait été volée mais ne disposait pas du nom de l'acheteur». Et malheureusement, la galerie de La Baule (44), qui a réalisé la transaction pour plusieurs dizaines de milliers d'euros, a fermé ses portes. L'enquêtrice ne se décourage pas. Autre piste, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels. Bonne pioche. Une plainte a bien été déposée dans le Sud-Finistère pour le vol de ce bronze.
«Vénus» va se refaire une beauté
Il y a une dizaine de jours, les propriétaires ont été alertés par la gendarmerie de Rosporden de la découverte de leur statue. Présents hier, en mairie, pour la restitution officielle, ces deux quinquagénaires, qui tiennent à rester anonymes, n'en reviennent toujours pas. «C'est vraiment exceptionnel, nous n'y croyions vraiment plus, exulte le monsieur. On la pensait revendue à l'étranger. Elle nous a été dérobée en 2003 lors d'un cambriolage de nuit. Du travail de professionnels. Mais ils n'ont pas dû trouver la filière pour la vendre». Après un passage dans l'atelier d'un fondeur parisien pour lui refaire une beauté, «Vénus» trônera de nouveau dans leur salon. À la place d'une plus petite statue, achetée à l'époque comme lot de consolation. «Mais celle-là, quel beau galbe», soupire l'heureux propriétaire, de nouveau sous le charme.
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