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Hivernautes. La Bretagne selon Gwennyn et Krismenn

23 février 2012

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Les Hivernautes invitaient le public à une soirée (plutôt) feutrée, mardi soir, à l'espace Ti ar Vro, en compagnie de Gwennyn, puis Krismenn. Ces deux-là, musicalement, n'ont pas grand-chose en commun, si ce n'est un attachement ténu et sincère aux racines de leur Bretagne natale. La grande Gwennyn n'est plus à présenter. À force de promener sa longue silhouette sur les scènes de la région, elle a fini par devenir une familière, un visage et une voix reconnaissable entre mille. Les chansons de Gwennyn glissent à l'oreille comme le miel fond dans la bouche. D'emblée, les caresses de «The song of the dunes» puis «Embarquement» habillent un show soigné, joliment mis en son, bien cadré. Comme toujours, Gwennyn sait, en effet, s'entourer de musiciens délicats, comme l'incontournable Patrice Marzin à la guitare. Gwennyn appuie ostensiblement son spectacle de mots en breton, sa langue maternelle. Souvent folk, ici et là planant, parfois rock, son tour de chant roule en vitesse de croisière avec parmi les temps forts «Brezhoneg. come», «I can plinn» (en hommage dit-elle à l'espoir suscité par le président Obama), «Netra blu din me» (un traditionnel revisité), ou bien encore «Kenavo», en bouquet final.

Krismenn en solitaire

À la fois si loin et si proche, l'univers de Krismenn paraît plus torturé dans la forme comme dans les mots. Sa musique laboure sans complexe les champs de l'expérimentation. La scène fonctionne ici un peu comme un labo: en solitaire, Krismenn nourrit son univers de samples et des rythmes binaires du rap, sans oublier quelques références ancestrales. Modernité et tradition s'entrechoquent délibérément au risque de faire l'écart de trop. Disons-le: les «bidouillages» de Krismenn ont quelque chose de déroutant. Mais le propre de l'art, pour reprendre les propos de Pompidou, n'est-il pas «de déranger, questionner, provoquer».

  • Gilles Carrière
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