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Quimper ville

Harpe. Ismaël Ledesma, l'enchanteur

14 septembre 2009

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Belle soirée, consacrée aux riches musiques paraguayennes et d'influences bretonnes, samedi soir à l'Espace Kerne. La salle était à peine assez grande pour accueillir le public. Les représentants de l'ambassade du Paraguay et plusieurs musiciens avaient fait le voyage.

Dremmwel ouvre les débats

À peine revenu d'une tournée en Corse, Dremmwel était en grande forme. Aux sons du biniou koz, de la bombarde, le groupe s'installe. Dès lors, les morceaux font chanter la harpe de Marin Lhopiteau, les accordéons de Dominique Le Guichaoua, la guitare de Daniel Cadiou, la flûte et la bombarde de René Marchand. Jason, tout nouveau venu, est à la batterie. An dro, gavottes, hanter dro... Dremmwel, familier des festoù-noz, évolue parfaitement dans l'univers qui est le sien et, en fin de prestation, offre la primeur du beau «Lamento for Jeff», une composition originale de Polig Monjarret, créée lors des obsèques du compositeur.

Un festival

Ismaël Ledesma s'installe ensuite sur une haute chaise, ajuste sa grande harpe et joue une toute première mélodie. D'emblée on remarque la belle sonorité de sa harpe. La musique, superbe, un brin mélancolique, séduit. Non sans humour, le harpiste s'essaie à la langue bretonne. «Noz vad», lance-t-il à la cantonade. Le public, ravi, entre dans son jeu. Après l'un ou l'autre des morceaux, il dira «merci braz», avant parfois de retrouver sa langue maternelle: le guarani. C'est cette musique, née dans son ethnie, qu'il joue d'abord. Façon de rendre hommage à ses ancêtres, de montrer l'enthousiasme de ses compatriotes et de retracer de petits épisodes de la vie quotidienne au Paraguay.

Le train, le cheval, l'eau

Nous voici dans un petit «train vapeur» grimpant à flanc de coteau. La harpe, halète, lâche des nuages de vapeur et chante, éloquente, la joie des voyageurs. Plus tard, une pièce décrit un réveil matinal, le trot d'un cheval dans la plaine. Le chant d'une cascade, les trilles d'un oiseau, réjouiront également le public. Qu'on ne s'y trompe pas: tout cela c'est de la musique et quelle musique! Dynamique, mélodieuse, enjôleuse et tendre. Et puis pour élargir sa palette, voici qu'il joue les compositeurs de son pays, les classiques tels Luis Bordon. Les derniers morceaux, plus «swing», sont des compositions personnelles. Puis, Dremmwel, remonte sur scène et Ismaël Ledesma, se frotte en sa compagnie à la musique bretonne. C'est émouvant et beau. Une rencontre musicale entre le Paraguay et la Bretagne pleine de richesses, sources d'infinies découvertes et de grands bonheurs.

  • Éliane Faucon-Dumont
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