8 novembre 2009
La vie de Georges Metanomski a été riche et aventureuse. Rescapé du ghetto de Varsovie, épris de liberté et d'instruction, il a finalement trouvé la paix à Quéménéven. Étranges augures!
Georges Metanovski est âgé de six mois lorsque son père fuyant les troubles entre les Bolcheviks et les Polonais, s'installe à Varsovie. La capitale polonaise bouillonne en cette époque d'entre deux guerres. «La ville qui accueillait depuis des siècles les victimes des persécutions. Chaque vague d'arrivants y apportait ses idées et on y vivait en bonne intelligence. Ainsi mon père n'avait pas reçu une éducation très poussée, mais il pouvait discuter d'un tas de choses et il connaissait la musique. Combien de fois m'a-t-il charmé lorsque je l'entendais à la tribune de l'église orthodoxe, interpréter ces chants si particuliers!»
La guerre
Cette existence tranquille s'achève brutalement le 1erseptembre 1939. Les troupes d'Hitler envahissent la Pologne. Georges Metanomski, s'efforce de survivre dans le Ghetto de Varsovie. «C'est là que pour la première fois, j'ai réalisé que j'étais juif. Auparavant, cette question ne m'avait jamais effleuré, j'étais Polonais, Varsovien... Mon père avait gardé des relations avec certains Allemands. Un beau jour, l'un de ceux-ci lui propose un marché: ?Ton entreprise m'appartient désormais. Mais j'ai besoin d'un directeur qui puisse la faire tourner. Je te propose un salaire de 250dollars mensuels. Ces sommes seront déposées sur un compte en Suisse. La guerre terminée, nous nous partagerons cet argent?». La vie sera alors un peu moins difficile sur le plan matériel pour Georges et sa famille. Cependant, le jeune adolescent rêve de liberté. «Je veux sortir d'ici, m'enfuir». Les sages du ghetto s'opposent à cette folle entreprise. «Ils te tueront, tu n'y arriveras jamais». N'écoutant que son courage, Georges arrive à quitter sa geôle en «prenant le chemin des caves».
Courrier
Il est libre... de se cacher dans les nombreuses planques fréquentées par ceux qui n'ont pu partir et forment une sorte d'intelligentsia souterraine. C'est là qu'il fait des rencontres et en particulier, celle qui le met en présence de la comtesse Mierzejewska, une amie de sa mère, devenue agent double. «Je portais des trucs que je ne comprenais pas tout le temps. Ces missives espionnes étaient destinées à la résistance polonaise».
Université
Entre deux «services», le jeune garçon étudie. De planques en planques, il rencontre de grands professeurs, qui font son éducation. Il se frotte à la philosophie, à la biologie. Un jésuite d'origine juive, passionné des théories d'Einstein, lui apprend les théories de son maître, dont celle de la Relativité. Bien plus tard, Georges Metanomski, fera partie de l'équipe varsovienne qui développera, cette théorie pour la Pologne. La guerre terminée, Georges Metanomski, continuera sa vie aventureuse. Il enseignera dix ans à l'Université d'Haïfa, avant de parcourir le monde pour une société pétrolière. Il s'intéressera à la musique, au blues en particulier et s'arrêtera un beau jour à Kergoat, un village breton à deux pas de Quéménéven, où la vie est enfin douce et tranquille.
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