30 avril 2009
En campagne électorale à Quimper hier, la chef de file de la liste MoDem dans le Grand-Ouest pour les Européennes, Sylvie Goulard, a relevé «certains degrés de schizophrénie chez nos dirigeants politiques nationaux à l'égard de l'Europe». «Ca fait des années qu'ils nous disent qu'ils font l'Europe et ils ne la font pas», a regretté la présidente du Mouvement européen depuis 2006. Elle a notamment jugé «consternante» l'attitude de «certaines formations politiques». «L'UMP n'a même pas ses listes à cinq semaines des élections européennes. C'est une insulte à la démocratie, à l'Europe», s'est-elle exclamée. «Nous, ça fait un mois que l'on fait campagne dans la circonscription avec Bruno Joncour (ndlr: nº2 sur la liste), car nous sommes convaincus qu'il faut aller chercher les gens là où ils sont pour leur expliquer l'Europe, pour entendre leurs critiques légitimes mais aussi leurs attentes fortes de l'Europe», a soutenu la professeur à Sciences-Po. Lesquelles? «Sur l'économie, la pêche, l'agriculture, mais aussi la mobilité, les langues, le droit de la famille, pour une Europe plus humaine», a-t-elle égrené. Sylvie Goulard voit en l'Union européenne un «instrument fort pour assurer le lien entre le local et le global». «Pour ce qui me concerne, je brigue un mandat européen, je ferai campagne sur l'Europe», a-t-elle aussi affirmée, face au risque de recentrage national du débat. Quant à sa marge d'action, si elle devait être élue au sein d'un groupe centriste coincé au Parlement européen entre les deux grandes forces de droite (PPE) de gauche (PSE)? «Sur le temps de travail, l'immigration illégale, les libertés publiques (etc.), le groupe centriste a fait avancer le débat. Tout dépendra de sa force après les élections», a-t-elle illustré.
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