27 octobre 2009
Le Quimpérois Jean-Yves Bozec vient de se voir confier une mission par la Direction de l'Union Européenne. L'ancien élu travaillera à l'amélioration des dispositifs d'information sur l'Europe.
Adjoint au maire à Kerfeunteun et délégué aux affaires européennes de 2001 à 2008 pour la municipalité d'Alain Gérard (UMP), Jean-Yves Bozec a toujours été un fervent européen. Il explique son parcours.
Votre engagement européen est ancien?
Je suis consultant auprès de la commission européenne depuis 1997. J'avais alors travaillé sur la culture et les échanges. En 2007, je me suis porté candidat comme auditeur du cycle des Hautes Études Européennes de l'ENA.
C'est une formation?
Oui. Elle réunit 40 personnes: élus, chefs d'entreprise, mais aussi journalistes, syndicalistes, hauts-fonctionnaires. J'ai fait partie de la promotion 2008, la deuxième, qui avait Jacques Delors comme parrain. Nous avons eu la chance de suivre la présidence française de l'Europe, notamment avec l'appui de Jean-Pierre Jouyet.
Le travail était important?
Il fallait être présent une à deux semaines par mois. Nous changions régulièrement de capitale européenne pour nos formations. Nous avons dû aussi faire des voyages d'étude à l'étranger. Ce fut une formidable expérience qui m'a permis de rencontrer ceux qui font l'Europe, d'apprendre comment se préparent les directives européennes, de créer un réseau. J'étais élu quand j'ai commencé début 2008 et trois mois plus tard, nous étions battus. Cet engagement m'a permis de mieux supporter la défaite.
Quelle est votre nouvelle mission?
Elle part d'un constat: le fort taux d'abstention, notamment en France, aux dernières élections au Parlement européen. Je suis chargé de faire un état des lieux et des propositions concernant la communication et l'information des opérateurs publics sur l'Europe. Les moyens d'information existent mais ne touchent qu'un public d'initiés.
Exemple: la France n'utilise même pas tous les fonds structurels qui lui sont alloués. Ce sont les préfets de région qui centralisent les dossiers. Je suis invité à interroger les services de l'État, les porteurs de projet, les élus sur leurs expériences et attentes. Je dois proposer pour le mois dejuin des améliorations aux dispositifs d'information sur ces fonds.
La France est en retard?
Je constate qu'au plus haut niveau de l'État, les affaires européennes sont toujours traitées à la marge. Il suffit de constater qu'il y a eu huit ministres différents entre2001 et2009. La constitution des listes pour les dernières élections a été édifiante. C'est la politique politicienne qui a prévalu. Tout ce qui est programmé au niveau européen se fait sur la durée. Les Français ne sont pas bons dans l'anticipation.
Vous avez pourtant un regard plutôt positif sur la politique bretonne?
Jean-Yves Le Drian a tout compris. Depuis quelques années, la région Bretagne est bien placée à Bruxelles. Le Drian anticipe, intègre d'autres partenaires régionaux à ses réflexions. La structure mise en place par la Région fonctionne bien comme cellule de veille. Tout comme d'ailleurs l'association «Breizh-Europe» pour l'agriculture et l'agroalimentaire. C'est ce qu'il faut faire même si cela s'apparente à du lobbying. C'est aujourd'hui que l'on prépare les dossiers pour la période 2014-2020.
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