26 mai 2009
La Halde a installé hier à Quimper un correspondant local. Michel Cornec est à l'écoute de tous les discriminés avec une volonté:au-delà des discours, de l'efficacité.
Guy Chapron s'est déplacé hier matin à la Maison départementale des personnes handicapées pour présenter Michel Cornec. Guy Chapron est l'un des 80 employés permanents à Paris de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité). «Nous installons des correspondants locaux pour donner un visage à la Halde. Le contact direct est important pour aborder les dossiers toujours complexes de la discrimination». Le principe d'un correspondant pour 400.000 habitants a été retenu. Deux postes seront donc nécessaires dans le Finistère. Le second sera installé à Brest. Michel Cornec, 56 ans, en préretraite, n'est pas inconnu à Quimper. C'est l'ancien directeur général des services de la mairie et la communauté de Quimper. «J'ai postulé suite à un appel à candidature de la Halde, explique-t-il. Je suis juriste de formation. J'ai toujours travaillé dans les valeurs républicaines et pour la cohésion sociale. J'ai choisi la Halde car c'est une Haute Autorité ce qui représente une notion d'efficacité. Il y a aussi le mot lutte dans le nom. Nous ne sommes pas uniquement dans le discours et la conviction. Enfin c'est un poste local qui implique de travailler en réseau avec par exemple les défenseurs des victimes, du droit des femmes...»
81 dossiers finistériens en 2008
Michel Cornec, bénévole, assurera une permanence hebdomadaire à Quimper, sur rendez-vous. Il a déjà une petite idée de ce qui l'attend. Jusqu'à présent les Finistériens pouvaient saisir la Haute Autorité par courrier. En 2008, 81 dossiers sont ainsi remontés du Finistère. En moyenne, les dossiers concernent pour 29% des discriminations liées à l'origine, 21% des problèmes de santé ou handicap, 7% l'âge, 6% le sexe, 5% l'activité syndicale... Ces dossiers concernent surtout l'emploi (50% dont 33% dans le privé et 17% dans le public), les biens et services (31%), le logement (7%). «De nombreux dossiers remontés à Paris ne relèvent pas de discrimination, souligne Guy Chapron. Pour qu'il y ait discrimination, il faut un acte (refus d'un emploi, d'un logement, de l'accès à un lieu) mais une opinion, une insulte ne rentrent pas dans ce cadre». «Nous sommes tous potentiellement des discriminés, ne serait-ce que par l'âge, ajoute Guy Chapron. Un exemple, dans les petits bassins d'emploi ou les petites villes, il y a une pratique courante dans les services publics, les grandes entreprises de réserver les emplois d'été, les stages, aux enfants du personnel. Les jeunes des quartiers sensibles ne peuvent souvent pas y avoir accès. Le piston est un cas de discrimination».
Pratique Permanence à la Maison départementale des personnes handicapées, 1C, rue Félix-Le Dantec, à Creac'h Gwen, à Quimper tous les mercredis de 9h à 12h sur rendez-vous au 06.43.40.08.62.
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