11 mars 2009
Comment produire une eau brute de qualité? En sensibilisant les agriculteurs aux techniques alternatives au désherbage chimique, avec des outils performants, comme la bineuse.
La terre bretonne n'a pas fini de recracher les hectolitres de pesticide qu'elle digère depuis des décennies. Citons, une molécule parmi d'autres, l'atrazine Dézéthil, interdite depuis 2003 et que l'on détecte pourtant toujours, à faibles doses, dans les sols de notre région. Un véritable casse-tête pour le Sivomeaq, le syndicat qui a pour mission de fournir de l'eau en quantité et qualité aux communes de Quimper et Ergué-Gabéric. Il porte certes ses efforts sur l'usine de traitement de Trohéïr, située sur le Steir, à Kerfeunteun. «Mais il y a aussi la partie préservation de la qualité de l'eau. Moins nous avons à la traiter, moins elle coûte cher. Notre objectif est d'avoir une eau de la meilleure qualité possible, notamment vis-à-vis des phytosanitaires», commente Nicolas Kergourlay.
«Diviser par trois le traitement chimique»
Dans ce but, le syndicat s'est rapproché de la Fédération départementale des coopératives d'utilisation du matériel agricole. Treize Cumas existent sur les neuf communes du bassin versant du Steir (20.000ha). Toutes ont été conviées à deux réunions d'information, les jours derniers, à Quéménéven et Guengat. Sept étaient représentées. Au coeur des échanges, la culture du maïs et les techniques alternatives au désherbage chimique. Habituellement, les agriculteurs pulvérisent deux fois: en «pré-levé» (avant que les mauvaises herbes ne poussent) puis en «post-levé». «Ils essaient de se garantir une parcelle propre, car la mauvaise herbe concurrence le maïs en eau», continue Nicolas Kergourlay, qui veut augmenter le recours au binage entre les rangs, permettant ainsi de limiter les pulvérisations au-dessus du seul rang de maïs. «Ce ciblage permet de diviser par trois le traitement chimique classique».
340 agriculteurs concernés
Reste que cette fameuse bineuse nécessite un investissement de 15.000 EUR HT. D'où l'intérêt d'appartenir à une Cuma, pour diviser les coûts. À l'heure actuelle, seule celle de Briec est équipée d'une bineuse performante, qu'elle est prête à louer à d'autres. Pour accompagner la démarche, le Sivomeaq propose une aide à l'expérimentation: grâce à un budget de 7.000 EUR, il financera les hectares binés. «Les craintes des agriculteurs, ce sont les parcelles pentues ou caillouteuses. Mais dans toutes les exploitations, je suis sûr qu'il y a au moins une parcelle de maïs de deux-trois hectares suffisamment plate et sans cailloux», finit Nicolas Kergourlay, qui espère des retombées pour 2010-2011. Trois cent quarante agriculteurs sont installés sur le bassin versant.
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