31 octobre 2009
La formation d'ingénieur en apprentissage pour l'agroalimentaire est de plus en plus courue. Le réseau d'anciens élèves se structure. Quimper est le point d'ancrage de belles aventures.
Outil moderne et unique
«C'est une formation exemplaire, car née d'un besoin avéré»: Pascal Olivard, le président de l'UBO a salué, hier, la formation quimpéroise d'ingénieur avec chaleur. «En 1999, quand elle a été ouverte, il y avait 50apprentis en tout à l'UBO. Aujourd'hui, il y en a 420. L'UBO s'est ancrée dans la professionnalisation. Quand on voit les résultats à la sortie de l'Ifria on ne peut pas dire que l'université ne mène pas à l'emploi!» Dans la foulée, le président a insisté sur la vocation universitaire quimpéroise qui, avec 14% des étudiants de l'UBO, est la plus grosse délocalisation universitaire de France. Avec la formation UBO-Ifria qui fêtait hier ses dix ans au Théâtre de Cornouaille, Quimper s'est dotée d'un outil moderne, unique en France dans son domaine. La FIP (Formation d'ingénieur en partenariat) comme on l'appelle, a aussi pour vocation, grâce au statut des apprentis rémunérés et la gratuité de la formation, de permettre aux étudiants aux moyens modestes de devenir ingénieur. Dans un domaine agroalimentaire majoritairement masculin, elle offre une ouverture aux filles (16 sur 30 cette année).
L'expérience de Rémi Carpentier
La notoriété de la formation s'est vite élargie à toute la France. Seuls 20% des candidats sont aujourd'hui bretons et les premiers étudiants étrangers ont été acceptés. En témoigne Rémi Carpentier de la promotion 2005-2008, originaire de Lille (59). «Mes souvenirs ce n'est que du bonheur, dit-il. La formation me convenait car je tenais à l'indépendance financière. Je conseille à tout le monde la voie de l'apprentissage. J'ai passé mes trois ans d'apprentissage chez Danone dans le Nord. À l'issue de ma formation j'y ai postulé sur un poste au Bangladesh. Il s'agissait de participer au développement de la première usine de social business, créée en collaboration avec le Docteur Yunus, fondateur de la première banque de microcrédit et Prix Nobel de la Paix 2006. Je suis parti pour neuf mois comme Volontaire International en Entreprise. Je me suis occupé de problèmes de qualité, de production». L'usine de social business fournit des produits laitiers qui répondent au déficit en vitamines et minéraux des enfants. La production vient des fermiers locaux et la distribution est assurée par des femmes. «Là-bas j'ai appris beaucoup humainement. La population a du mal à se projeter dans l'avenir alors que nous travaillons à la gestion de projets dans la durée. Le but n'est pas de les faire changer. C'est à nous de nous adapter». Rémi Carpentier recherche à nouveau un emploi, fort de ses expériences. Il est tenté par le management. La Bretagne le tente toujours, mais il est prêt à repartir à l'étranger. Il est diplômé et annonce déjà quatre années d'expérience. Pas mal sur le CV à 26ans!
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