10 juillet 2011
Quel homme n'a jamais été jaloux de Patrick Swayze capable sur deux pas de danse de faire chavirer le coeur de toutes les filles alors que pour des milliers d'entre nous, des heures de discussions et d'échanges n'arrivent pas forcément aux mêmes résultats. «La danse est une discipline masculine à la base. L'homme apporte une vélocité, une rapidité, une puissance naturelle que la fille n'a pas. Ils sont aussi plus créatifs dans leurs mouvements», se justifie Gwénaëlle Lazzara.
Avec ou sans ballerines?
De la créativité, le Châteaulinois, Matthieu Letellier n'en manque pas. Il est parti de rien, seulement de quelques vidéos de C-Walk (une danse qui consiste à faire des V avec ses pieds) postés sur internet. «J'aime la danse. Je me suis exercé tout seul depuis janvier2009 dans ma chambre, à répéter des pas de C-Walk. Mais à un moment donné, j'ai voulu m'ouvrir aux autres de ma passion. Jusqu'à ma rencontre avec Gwenn en début d'année 2011», explique Matthieu Letellier. Dans un registre plus classique, danse contemporaine, modern'jazz, l'apprenti-danseur s'est vite transformé en une véritable révélation. «Un don du ciel! Un cadeau inespéré! Il dansait juste et fluide». Rapidement adoubé par sa professeur, il lui restait à affronter le jugement des filles du cours confirmé de modern'jazz à la MPT d'Ergué-Armel. «J'ai beaucoup parlé avec Gwenn. Et travaillé avec Sophie, une soliste. On a travaillé les portées, la complicité dans le regard et les émotions. Avant le premier cours, j'ai même demandé si je ne devais pas arriver avec des ballerines (rires)».
Un triomphe dans la pièce «Carnet de soleil»
Ayant fait du rugby en club, Matthieu Letellier trouve un moyen d'expression encore inconnu à ce jour. «Je ne pensais pas aimer ce type de danse. Les filles du groupe ont été superbes. Je pense leur avoir apporté une forme de décontraction en les faisant rire. Il y avait une rencontre entre deux mondes». Après deux mois de travail en commun, notre jeune danseur s'est produit avec toutes les élèves de Gwenaëlle Lazzara, au Théâtre de Cornouaille sur une scène nationale, le 22juin pour la pièce «Carnet de soleil». Le triomphe a été total. «Le regard fait naître l'étincelle. Il a amené une émotion qui a fait que sa complicité avec Sophie a été totale sur scène», précise Gwénaëlle Lazzara. Après un début en fanfare, Matthieu Letellier repoussera la porte de la salle de danse de la MPT d'Ergué-Armel à la rentrée. Tout seul, au milieu de dizaines de danseuses confirmées.