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Cursus. Ce plombier sorti des tuyaux de Polytechnique

22 janvier 2009

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Certains s'engagent dans des voies en même temps qu'ils les regrettent. Certains n'en sortent pas. D'autres comme Éloi Mosquet, 23ans, si. Il souhaite juste que son parcours atypique serve à d'autres.

Prenons une femelle tamanoir dont la libido est titillée par un dromadaire. Elle veut un enfant de lui. Considérons uniquement, dans cette idylle naissante, la partie purement génétique de la chose: aucune chance que madame accouche d'un «tamadaire». Pas plus qu'elle pourrait accoucher d'un «dromanoir». Certains lieux communs ont décidément la peau dure, et, désolé pour la belle tamanoir, les chiens ne font pas des chats. Éloi Mosquet, sans vouloir le comparer à une des bêtes citées plus haut, a pourtant réussi un grand écart sur lequel les partisans des cases et des choses bien rangées pourraient se pencher. Le jeune homme, marié et père de famille, parle d'une voix si douce que l'on a du mal à lui imaginer un tel parcours. Son timbre est pourtant assuré, ses mots appuyés comme une tête sur les épaules.

De longues études pour «faire plaisir»


Plus petit, le truc d'Éloi, c'était le bâtiment. La lubie d'un métier manuel, il l'explique par son grand-père, électricien au sortir de la guerre. Une sorte d'héritage à effet retard. Bons résultats scolaires, Bac S, prépa. Ensuite? Polytechnique. «Quand tu réussis le concours, une certaine euphorie s'ensuit». Presque la grosse tête, à l'entendre. «Au bout d'un mois, j'ai dégonflé. Ce n'était pas moi». Il va au bout des quatre années de sa formation d'ingénieur, qu'il achève 365
e sur 400. Le diplôme est dans sa poche, même si ce n'est pas celui qu'il envisageait... au fond de lui. En 2008, il rencontre Christian Le Moal à une porte ouverte de l'Afobat, le centre de formation des apprentis du bâtiment. Le professeur d'atelier le rassure, et lui ouvre la voie d'une formation qu'il aurait due, il l'avoue, choisir avant. Les pressions sociétales de toutes sortes s'immiscent pourtant en nous, souvent de façon inconsciente, et il reconnaît avoir fait de longues études pour «faire plaisir».

Qualité de vie et simplicité


Ses ambitions à lui, c'était plutôt vivre à la campagne, un métier manuel, ne pas rester dans un moule qui ne lui aurait pas plu. En voilà donc un qui a décidé de sacrifier un métier qui lui promettait autant d'argent que de pression pour un travail physique qui associe, selon lui, une certaine qualité de vie et la simplicité à laquelle il aspire. Son avenir? Réussir son CAP d'installateur sanitaire en 2009. Enchaîner sur un CAP d'installateur thermique pour, fin 2010, continuer à apprendre le métier. Après? «J'ouvrirai peut-être ma petite entreprise». Évident comme un lieu commun, non? Alors: même si les chiens ne font pas des chats, avouons quand même que la foi soulève les montagnes.

  • Damien Goret
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