29 octobre 2009
Allergique à la police
«Je t'emm... Va te faire foutre». C'est alors qu'il se trouve dans le panier à salade qui le conduit vers la cellule de dégrisement que ce jeune homme se répand contre un policier. Problème: c'est la deuxième fois. La fois précédente, il s'agissait déjà du même interlocuteur. Pur hasard. «Je ne les aime pas, c'est tout», grommelle le prévenu. Ce coup-ci, c'est le 21juin. La Fête de la musique a un goût amer. Il s'est séparé de sa petite amie huit jours plus tôt. En fin de nuit, il se rend chez elle et la trouve en galante compagnie. Il veut se battre avec celui qui l'a remplacé dans le coeur de la donzelle. Cette dernière appelle Police Secours et le voilà qui déplace sa fureur contre l'uniforme. Au vu d'un casier judiciaire déjà fourni, le procureur requiert quatre mois avec sursis et mise à l'épreuve, avec obligation d'indemniser et de se soigner. Le prévenu est condamné à quatre mois de prison, dont trois avec sursis et mise à l'épreuve. Il devra verser 100 EUR au policier insulté.
De l'électricité dans l'air.
Pas manchot, ce maçon domicilié à Pont-de-Buis. Le 27février, les agents d'ERDF se présentent dans son immeuble. Normalement, l'électricité lui a été coupée. Mais ils constatent vite qu'il a bricolé un branchement sauvage. À la barre, il le reconnaît d'autant plus volontiers que c'est un habitué de ce type de raccordement illicite. Il a déjà été condamné en mars par le tribunal de Quimper, mais a aussitôt recommencé. «Quand vous êtes sous la pluie toute la journée, une douche chaude, ça fait du bien», soutient-il. Il admet des négligences mais a tant d'arriérés qu'il ne sait pas comment rentrer dans la légalité. Les agents d'ERDF ont fait le déplacement au tribunal. Ils ne l'accablent pas «mais il y a un gros problème de sécurité. Cela crée un fort échauffement. On pourrait arriver à un incendie dans l'immeuble». Le procureur ironise: «C'est un véritable duel, en cinq sets. Là, on est dans le jeu décisif pour que ça s'arrête». Il cesse soudain de plaisanter: «Il met en danger autrui». il requiert deux mois avec sursis et mise à l'épreuve, avec obligation d'indemniser. Le tribunal le suivra. Le prévenu devra rembourser, sans compter les précédents arriérés, 556 EUR à ERDF.
Lolita(s) victimes de la mode
Elles ont pouffé dans la salle pendant tout le temps que la présidente a délibéré. Deux grandes adolescentes, coquettes et un peu écervelées. Le 16juin, elles avaient trouvé un stratagème pour sortir des vêtements du magasin «La Halle aux vêtements»: comme elles connaissaient deux stagiaires, mineures au moment des faits, elles leur avaient donné leur sac afin que ces dernières les remplissent de vêtements et les déposent dans un conteneur poubelle, à l'arrière du magasin. Mais la directrice a entendu claquer la porte de la réserve et est tombée sur les deux prévenues, au pied du conteneur. Les deux mineures ont depuis été jugées par le tribunal pour enfants et ont expliqué la manoeuvre. Mais les deux amies à la barre partent dans une explication tarabiscotée où il est question d'une Lolita qui avait besoin de leurs sacs et qui leur avait promis des tee-shirts en retour. «Il y avait quand même 39 articles dans les sacs», remarque le procureur, qui requiert 70heures de TIG. Moue des intéressées, condamnées à 70heures de TIG.
Coup de pied pour un regard: peine de prison
21juin, 3h du mat', à Quimper. Ça fait déjà quelques heures que la Fête de la musique n'a pas adouci les moeurs. Voilà deux escogriffes qui se poursuivent. L'un, âgé de 20 ans, vocifère des «Je vais te mettre la misère» en brandissant une bouteille. Tout à leur fureur, aucun ne voit la patrouille de police qui s'approche. Ils passeront deux fois devant sans la voir! Puis l'un chute. L'autre lui met un violent coup de pied. Il était hier devant le tribunal correctionnel. Le sujet de «l'embrouille»? «Aucun, des regards. C'était futile». Il raconte qu'il tournait à un mélange vodka - Red Bull. Problème: le casier judiciaire du prévenu porte déjà cinq condamnations. «Il ne devrait pas chercher querelle avec le passé qu'il a», gronde le procureur Bergot, qui pointe l'état de récidive. Il requiert un an de prison, dont huit mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, avec obligation de travail, de soins et d'indemniser la victime. Le jeune homme se défend seul, plutôt bien: «Je ne pense pas être le délinquant décrit. Tous les matins, je suis à la porte des boîtes d'intérim. Demandez-leur!». Il est condamné à douze mois de prison, dont onze avec sursis et mise à l'épreuve.
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