4 novembre 2009
Artiste associé à la Scène nationale de Quimper, Benjamin Lazar va dévoiler son univers au travers de quatre spectacles, avant de poursuivre son cheminement entre théâtre baroque et musique contemporaine pour les trois saisons à venir.
Artiste prolifique, Benjamin Lazar met en scène et joue actuellement dans la pièce «Les amours tragiques de Pyrame et Thisbé» de Théophile Viau, s'attachant une nouvelle fois à tirer sur les fils du théâtre baroque. C'est sur les bancs du lycée Montaigne à Paris qu'il découvre, en suivant l'atelier théâtre d'Eugène Green, ce langage si particulier.
Un éclairage différent
Il va ainsi s'intéresser à la gestuelle, à la déclamation mais aussi à l'éclairage aux bougies, propres au jeu des acteurs du XVIIesiècle et, tout naturellement, entamer un dialogue avec les musiciens baroques. Un travail de décodage et d'exploration qui aboutira, en 2004, à la création du «Bourgeois gentilhomme», avec la complicité des musiciens du Poème harmonique de Vincent Dumestre, puis de «L'autre monde ou les états et empire de la lune» de Cyrano de Bergerac avec l'ensemble La Rêveuse, programmé cette saison. «Le répertoire baroque est un élément récurrent qui permet d'éclairer de manière différente des textes connus ou d'en faire découvrir d'autres comme ceux de Savinien Cyrano de Bergerac dont le roman clandestin, à l'époque, circulait sous le manteau», souligne Benjamin Lazar. «J'ai commencé par le théâtre baroque. Ce qui m'intéresse dans le projet, c'est qu'il y aura cet aspect de mon travail mais, d'emblée, on a fixé le projet au-delà de la frontière du baroque avec notamment des créations qui iront jusqu'à la musique contemporaine», poursuit ce dernier.
Une création par saison
Il présentera, au fil de la saison, conçue comme «une carte de visite», deux autres spectacles et une création. L'occasion pour le public de faire plus ample connaissance avec un artiste inventif et ancré dans son époque mais aussi avec sa famille artistique. Au cours des trois saisons à venir, on retrouvera l'ensemble La Rêveuse, les chanteurs du choeur de chambre Les Cris de Paris avec qui il a mis en scène «La la la, opéra en chansons» ou encore le quatuor de saxophones Habanera qui l'accompagne dans le conte musical de Marguerite Yourcenar «Comment Wang-Fô fut sauvé». L'idée est que le centre de création musicale, qui fait la spécificité de la Scène nationale quimpéroise, porte un projet par saison, en dehors de formes plus légères qui pourraient voir le jour. La première d'entre elles sera tirée des «Mille et une nuits de Shéhérazade» avec Louise Moaty, une de ses fidèles collaboratrices, à l'interprétation et la mise en scène. Par ailleurs, une création est déjà sur les rails pour la prochaine édition du festival rennais «Mettre en scène».
Du théâtre sur le web
Auparavant, Benjamin Lazar donne rendez-vous au public en direct sur le web pour une création innovante avec des chanteurs professionnels et un choeur amateur. Le contenu du spectacle ne sera révélé qu'au moment de la représentation. «C'est du théâtre parce que cela se passe en direct et que le cadre est fixe. Cela peut aussi être une source d'invention assez amusante qui rappelle la première caméra du cinéma, celle de Méliès qui a dirigé le théâtre Robert Houdin», précise Benjamin Lazar qui aimerait bien pérenniser le concept et en faire un lieu de rencontre entre artistes confirmés ou non, danseurs, musiciens, circassiens.
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