8 février 2012
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Georges Cadiou a donc été élu comme prévu président du Sivalodet en remplacement de Christine Salabert, démissionnaire. On se souvient que le dossier des ralentisseurs de crues sur l'Odet, vite appelés barrages par les opposants dans les communes rurales concernées, avait secoué le syndicat. Dans sa déclaration de candidature hier à Saint-Yvi, Georges Cadiou, adjoint au maire de Quimper, chargé des politiques de l'eau, a fait part d'une nouvelle approche. «Je ne serai pas un président uniquement quimpérois mais le président d'un syndicat qui a des intérêts propres, a-t-il présenté. Le Sivalodet ne doit pas être le réceptacle de querelles venues d'ailleurs et notamment politiques. Ce n'est pas non plus le lieu d'opposition de catégories professionnelles. Mais je serai ferme dans l'application de décisions prises démocratiquement».
«Tout sera rediscuté»
Abordant le «sujet qui fâche», c'est-à-dire les risques d'inondation sur Quimper et au-delà, il a rappelé qu'il fallait tout faire pour éviter les inondations en ajoutant qu'il y avait eu des «maladresses et un manque de pédagogie». «Mais battre ma coulpe n'est pas ma philosophie préférée». Il a alors présenté une forme de programme sur le dossier. «Je remets tout à plat. Il n'y aura plus d'appel d'offres dans l'immédiat pour une maîtrise d'oeuvre. On redéfinit les objectifs, on modifie le Programme d'actions de prévention des inondations, on se donne un nouveau calendrier avec un nouveau comité syndical fin mars ou début avril, pour valider les objectifs redéfinis. Rien ne sera imposé, tout sera rediscuté, notamment les ouvrages pour ralentir les crues avec toujours l'objectif d'éviter les inondations».
La voix des agriculteurs
Un autre candidat à la présidence s'est alors manifesté. Alain Le Quellec, agriculteur, maire de Quéménéven, s'est décidé «à contrecoeur». «J'estime logique que la présidence soit prise par Quimper. Je suis d'accord avec ce que vient de dire Georges Cadiou, mais il y a des inquiétudes qui doivent être entendues». L'élu s'est attaqué à un point de l'ordre du jour de la séance qui prévoit une somme de 50.000 € pour une étude sur les flux d'azote. Elle est justifiée dans la présentation par le fait que l'évaluation de ces flux à l'exutoire des trois sous bassins de l'Odet fait apparaître des valeurs (47kg/ha/an en 2010) supérieures à la moyenne des bassins versants bretons (25kg/ha/an). «Cette étude ne servira à rien, a martelé Alain Le Quellec, si ce n'est à pointer encore l'agriculture. J'estime que nous devons réfléchir aux moyens d'améliorer l'agriculture, qui fait en permanence le grand écart entre des logiques ultralibérales et des contraintes environnementales maximales. Consacrons ces 50.000 € à engager une réflexion sur l'évolution de l'agriculture, sinon nous manquons d'ambition». «Cette étude sera pour moi un marqueur symbolique» a-t-il conclu, demandant au candidat Cadiou de l'abandonner. Ce dernier, pas encore élu, a néanmoins laissé la porte ouverte à une discussion. Elle sera d'autant plus forte que lors du vote des vice-présidents, Roger Mauguen, de Cast, a aussi regretté le poids excessif des études.
19 voix contre 11
34 élus étaient présents pour participer au vote, qui a été plus serré que prévu. Georges Cadiou a été élu avec 19 voix contre 11 à Alain Le Quellec et quatre blancs ou nuls. Trois vice-présidents, Yves Creac'h (Briec), Jean-René Blaise (Ergué-Gabéric) et Christian Loussouarn (Combrit) ont ensuite été réélus sans problème, étant seuls candidats. Seul le quatrième, Roger Mauguen (Cast), a dû faire face à la candidature, de Daniel Kernaleguen, de Landrévarzec. Il a été réélu avec 19 voix contre 13 et trois blancs ou nuls.