21 avril 2009
Le préfet a passé, hier, une journée sur l'Atlantique, un chalutier bigouden qui pêche la langoustine. Pascal Mailhos a tenu à aller à l'encontre d'un certain découragement pour montrer qu'il y a des pêcheurs heureux et confiants dans l'avenir.
«Il y avait tous les paramètres de la réussite réunis». Robert Bouguéon, président du comité des pêches du Guilvinec ne pouvait rêver, hier, de meilleure démonstration, s'il en fallait une, pour convaincre le préfet que la pêche cornouaillaise a un avenir. Fidèle à sa volonté de labourer le terrain finistérien en profondeur, PascalMailhos avait sollicité un déplacement sur un chalutier au travail. La rencontre s'est déroulée à 20milles dans le Sud de Saint-Guénolé sur l'Atlantique, patron Philippe Stéphan.
«Des pêcheurs heureux»
Partis à 12h30 du port, à bord de la vedette des Affaires maritimes Pétrel avec Daniel Le Direach, directeur départemental et XavierPrud'hon, chef de service au Guilvinec, Pascal Mailhos et Robert Bouguéon sont montés à bord une heure et demie plus tard, sous le soleil. Les deux invités ont fini la marée sur l'Atlantique vers 16h45. «Ce que je retiendrai, c'est une image ensoleillée pour la pêche, a souligné le préfet au retour. J'ai appris que le travail sur la sélectivité donnait des résultats. Aujourd'hui la ressource est là . J'aimerais une autre image de la pêche que celle des plans de casse. J'ai rencontré des jeunes qui m'ont demandé de continuer le métier. Il faut leur donner les moyens de s'installer. J'ai rencontré des pêcheurs heureux de leur travail. Gardons cette image».
«J'encourage mon fils»
Philippe Stéphan le patron secondé par David Briec, avec les deux jeunes Cédric Kerdranvat et Erwan son fils de 18 ans, ne dit pas le contraire. «Ma mère m'en veut toujours, 31 ans après, d'avoir repris le métier de pêcheur que nous faisons depuis plusieurs générations. Moi j'encourage mon fils à continuer. Celui qui travaille gagnera sa vie à la pêche. Même si c'est dur». Depuis sa sortie du lycée maritime il y a un an et demi, Erwan travaille avec son père. «J'espère le former pendant quatre ou cinq ans», ajoute celui-ci.
Une pêcherie durable
Ce lundi, une cinquantaine de bateaux, essentiellement bigoudens et quelques Concarnois, chalutaient la langoustine à 20 milles au sud. «Les trois quarts des bateaux de cette flottille marchent bien, commente Robert Bouguéon. La pêcherie de langoustines est parmi les mieux gérées avec celle de la coquille Saint-Jacques. Les organisations de producteurs ont mis en place des contraintes supplémentaires à celles imposées par l'Europe (interdiction de pêcher le week-end et les jours fériés, taille de 9cm au lieu de 7,5), pour optimiser les ressources. Aujourd'hui, les stocks sont bons. La pêcherie est installée dans le durable». Le Pacte pour une pêche durable en Cornouaille sera enfin signé par les pêcheurs la semaine prochaine. La volonté partagée hier était de rappeler qu'il y a tout un pays qui a la volonté de maintenir la pêche ici. «Je ne me vois pas travailler ailleurs que sur l'eau», dit Erwan Stéphan qui apprend son métier, dans la durée, avec son père.
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