5 octobre 2009
Forte des enseignements de son échec lors de sa précédente tentative, Anne Quéméré prépare une nouvelle traversée en kite-boat. Elle partira cette fois du Pérou pour rejoindre Tahiti, voire l'Océanie, avec un matériel entièrement repensé.
Pas du genre à se morfondre après une désillusion, la battante Anne Quéméré rumine sa revanche. Son abandon à mi-parcours lors de la traversée San Francisco-Tahiti en kite-boat l'hiver dernier, l'a, au contraire, poussée à remettre ça au plus vite. «Curieusement, cette traversée inachevée est celle qui m'a le plus apporté», lance l'aventurière des mers. «J'ai aussitôt analysé les raisons et beaucoup réfléchi, tant sur les causes matérielles que sur moi-même. En kite sur l'Atlantique, vu mon succès précédent, on pouvait penser que c'était facile. Eh bien sur le Pacifique: tout faux! En fait, ce que je pressentais est arrivé. Il fallait repenser un nouveau matériel, surtout du côté des voiles».
Construit à Douarnenez
En régate, la semaine dernière, dans le neuf d'équipage mixte de Catherine Chabaud à Saint-Tropez, Anne Quéméré a lancé son prochain défi. «Nous pourrions le baptiser: du Port Rhu au Pérou», plaisante celle dont la nouvelle embarcation sera construite à partir de début novembre à Douarnenez. «Il s'agira cette fois d'un kite-boat, élaboré par l'architecte Marc Ginisty et tracté par des ailes complètement revues. Car celles des kites-surfs, que j'employais, ne sont pas adaptées au kite-boat». Telle est la conclusion radicale ressortie d'un échange constructif avec l'éminent cerf-voliste néo-zélandais Peter Lynn, inventeur du kite-buggy. Une rencontre est ainsi prévue afin de concevoir ensemble celles de la prochaine aventure.
«Made in Breizh»
Ce nouveau défi, Anne Quéméré le tentera début 2011 après avoir mis la nouvelle embarcation à l'eau en mars prochain. Elle entre donc à nouveau dans une période d'intenses préparatifs, tant du côté sportif que logistique. Et là, pas de quartier: «Ce sera du 100% made in Breiz!» Ce challenge, l'ancienne rameuse tient à y associer un consortium d'entreprises bretonnes. «J'ai envie d'être leur ambassadrice afin que cette aventure soit la vitrine de leur savoir faire». Qu'il s'agisse du matériel navigant proprement dit, en passant par l'électronique embarquée, les panneaux solaires, la communication satellite, les vêtements, la nourriture, la vidéo, tout sera breton. Quant à la traversée elle-même, Anne l'envisage d'abord du Pérou à Tahiti, mais n'exclut en rien que l'île de Polynésie française ne soit qu'une étape.
Invitée aux Nations Unies
«J'aimerais, en effet rallier l'Océanie dans la foulée. Mais comme il me sera impossible d'embarquer suffisamment de vivres, il me faudra impérativement ravitailler à Tahiti».Sitôt revenue de sa régate tropézienne, qui s'est achevée hier, la Quimpéroise se lancera à nouveau dans ses préparatifs techniques avant d'entamer la phase construction du kite-boat à Douarnenez. Juste après une réception, le 4novembre, au quartier général des Nations Unies à New York. Objet: le lancement d'un livre de portraits d'aventuriers de l'extrême de la journaliste Jane Poynter. Elle y figure en bonne place parmi celles et ceux que leurs exploits rendent témoins de la fragilité grandissante de notre espace de vie. «Il sera temps ensuite, après avoir joué la belle de salon, de remettre les mains dans la résine!» Ça, elle en piaffe d'impatience!
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