13 octobre 2009
Deux dossiers de malades de l'amiante ont été examinés, hier, par le tribunal des affaires de sécurité sociale. Délibéré le 14décembre.
Pour illustrer le calvaire des victimes de l'amiante, il suffit souvent d'un dossier. Comme celui présenté par cette veuve, venue avec ses trois enfants et ses trois petits-enfants, demander la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur de leur défunt époux, père et grand-père.
Fabrication de portes coupe-feu
Tombé malade à 54 ans, ce Quimpérois est décédé à 60ans, après une ablation du poumon droit, une chimiothérapie et une radiothérapie. Il travaillait au sein de la société «Matter et Platt», fabriquant des portes coupe-feu, mais aussi des machines alimentaires pour cuisson, qui nécessitaient l'introduction systématique de plaques d'amiante. Il n'a pas vécu suffisamment longtemps pour apprendre que son ancien employeur figure désormais sur la liste des établissements donnant droit à la préretraite amiante au titre d'une activité de calorifugeage.
Plaques pleurales
Le deuxième dossier examiné par les juges concernait un quinquagénaire Quimpérois, employé par la société de construction navale Brestoise «Timobreizh», depuis placée en liquidation judiciaire, et d'ailleurs représentée hier par son mandataire liquidateur. Le plaignant est intervenu sur des navires de surface mais aussi dans des sous-marins, et a été massivement exposé aux poussières d'amiante, qui plus est dans des lieux confinés. Il souffre aujourd'hui de plaques pleurales. Me Quinquis a de nouveau plaidé la faute inexcusable de l'employeur, mettant en avant le préjudice moral de son client, qui craint de développer un cancer bronco-pulmonaire.
«Pas de dimension morale»
Mais le plaideur doit faire face à une jurisprudence, déjà suivie, dans le passé, par le tribunal de Quimper. Cette jurisprudence estime que lorsqu'une société est en liquidation, l'ex salarié doit se pourvoir uniquement devant le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva). «Ce qui revient à victimiser doublement les gens. Ils ont été victimes d'un métier qui a entraîné leur maladie, et désormais de la liquidation de leur employeur, ce dont ils ne sont en rien responsables. En outre, avec le Fiva, l'indemnisation est a minima et il n'y a pas de dimension morale». Délibéré également le 14décembre.
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