12 février 2012
Après la grand-messe des discours, des petits groupes se sont formés autour du buffet. Les «environnementalistes» et les agriculteurs ne se sont pas précipités dans les bras les uns des autres. Il reste du chemin à faire pour réchauffer l'atmosphère. Les uns et les autres ont pourtant porté leur signature sur la charte de territoire qui valide le plan de lutte contre les algues vertes de la baie de Fouesnant-Concarneau. L'an dernier, 12.000m³ d'algues vertes ont été ramassés sur les plages de Fouesnant. Deux manifestations se sont fait face à Cap Coz, illustrant la difficulté de signer ce «contrat de confiance» invoqué par le maire de Fouesnant Roger Le Goff. Ce samedi matin, ils étaient tous autour de la table, après un premier ajournement en octobre. Le passé n'est pas encore aboli.
«Hésitations»
«Les associations Eau et Rivières, Bretagne Vivante et l'Association pour la sauvegarde du Pays fouesnantais ont décidé d'approuver ce document après beaucoup d'hésitations, a expliqué leur porte-parole Hubert Meignen. Nous avons entendu avec plaisir que le périmètre d'action pourrait être élargi, ce qui nous tient à coeur, car nous souhaitons que les deux côtés de la baie soient pris en compte. Nous constatons aussi les améliorations apportées au projet ces derniers jours: fixation d'objectifs précis de réduction de la pollution azotée arrivant dans la baie, taux d'engagement des exploitations, remise en état de la totalité des zones humides cultivées...».
«Réunions difficiles»
Jacques Jaouen a ensuite répété son appel à plus de solidarité avec les agriculteurs. «Nous avons intérêt à travailler ensemble pour trouver des solutions. Il y a eu des réunions difficiles. Il y a des choses que j'ai du mal à entendre, comme le fait que le modèle agricole breton aurait atteint ses limites. Mais quel modèle breton?». Le président de la Chambre d'agriculture faisait référence au récent discours de Michaël Quernez, vice-président du conseil général.
«Fierté»
«La Chambre est pour une baisse des fuites d'azote et l'évolution des pratiques au quotidien, a quand même rappelé André Sergent, vice-président de la Chambre, au cas où ce ne serait pas évident. Nous sommes pour une agriculture performante et respectueuse de l'environnement». Michael Quernez s'est voulu optimiste. «Demain allier performance économique et exemplarité environnementale sera un atout majeur face à d'autres grandes puissances. C'est cela qui garantira le revenu agricole». Toujours plus optimiste, Jean-Yves Le Drian a dit sa fierté de présider une région où ce genre de dialogue, même difficile avait lieu. «On engage la métamorphose de l'agriculture bretonne avec cette charte», a ajouté son vice-président Thierry Burlot.
«Victoire exemplaire»
Il revenait à Michel Cadot, préfet de Région, de conclure, un peu sur le même registre. «Cette signature est une victoire exemplaire, car la démarche collective engagée, comme par le passé en Bretagne, est novatrice et exigeante. Il faudra inventer sur chaque baie concernée un modèle propre sous le regard pas toujours amical des instances européennes qui aimeraient nous épingler et de la population bretonne. Mais je suis fier pour la Bretagne et l'État qui a su changer ses méthodes en admettant qu'on ne réglait pas tous les problèmes avec des décrets et des arrêtés». Pour réussir le challenge, les propos volontaristes ne suffiront pas. Plus de 5MEUR d'aides publiques accompagneront la mutation des agriculteurs.