6 octobre 2009
300 agriculteurs finistériens ont rendu symboliquement hier à Quimper leur carte d'électeur à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA). Une manifestation régionale est annoncée le 16octobre pour la «journée de l'alimentation».
«On nous considère comme des citoyens de seconde zone, cela ne sert à rien de voter», a lancé Thierry Merret, de la FDSEA, en glissant sa carte d'électeur dans l'urne installée devant la préfecture. C'est à Quimper que le syndicat et les JA ont choisi de manifester alors que se tenait une réunion des ministres européens de l'agriculture à Bruxelles. L'occasion aussi d'essayer de reprendre la main syndicale face à l'EMB (European milk board) et aux producteurs qui ontparticipé à la grève du lait qui se réunissaient, eux, à Châteaulin.
«La volonté de casser le syndicat majoritaire»
«On peut nous reprocher d'avoir été un peu absents cet été, néanmoins les grandes causes ont toujours été défendues toutes productions confondues», s'est-il défendu. «On nous dit que la FDSEA et les JA sont acoquinés avec les transformateurs. Notre seul souci est de renforcer le maillon de la production. Certes, il nous faut un prix rémunérateur, mais si nous devenons de simples livreurs, c'est la fin pour nous». «Ces derniers mois, nous avons vu les déchirements entre paysans. Je respecte totalement ceux qui ont fait le choix de ne pas livrer le prix de leur travail. Malheureusement, il y a aujourd'hui la volonté de casser le syndicalisme majoritaire, nous ne nous laisserons pas faire», a affirmé Thierry Merret.
La FDSEA en appelle à Nicolas Sarkozy
«C'est une illusion de penser que les producteurs de lait s'en sortiront tous seuls», a-t-il ajouté citant les multiples crises agricoles, porcs ou légumes. «C'est ensemble qu'on s'en sortira, pas chacun de son côté, de sa filière», a affirmé Jean-Marie Mingam pour les JA. «Nous travaillons de façon pragmatique avec les réalités du moment, les syndicats qu'on représente ne sont pas entendus», a plaidé Thierry Merret. Hier, la FDSEA 29 en a appelé directement au «seul homme qui décide». «Il faut que Nicolas Sarkozy comprenne que l'agriculture fait vivre nos territoires, notre économie». Et a porté ses espoirs sur la loi de modernisation agricole. «On a besoin des pouvoirs publics pour qu'on puisse se mettre en organisations de producteurs, en associations pour peser sur les négociations sur les prix».
«À Rennes il faudra faire fort...»
ThierryMerret s'en est aussi pris à l'administration pour qu'elle «arrête ses contrôles tatillons.La France est en train de faire du zèle. On nous accuse d'être des fauteurs d'algues vertes, ça suffit».«À Rennes le 16, il faudra faire fort», a-t-il lancé.
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