19 octobre 2009
Dans le cadre de «L'Odyssée des mots», la médiathèque d'Ergué-Armel a accompagné des auteurs dans leurs rencontres avec des classes. Vendredi, une classe de troisième du collège de LaTourelle rencontrait Régine Detambel.
Les collégiens avaient, auparavant, lu et étudié deux des oeuvres de Régine Detambel: «Des petits riens au goût de citron» et «La fille mosaïque». D'emblée, Régine Detambel a annoncé qu'elle attendait leurs questions pour un contact et un véritable échange. Ils se sont lancés: «Quand avez-vous commencé à écrire?», interroge un collégien. «J'ai véritablement ressenti le besoin d'écrire en internat, quand j'étais en cinquième. C'était vraiment pour moi un lieu de solitude: l'écriture me paraissait une nécessité vitale pour me créer un monde. Je ressentais sans doute cette fonction enveloppante du papier, on peut même dire ce côté maternel J'étais sécurisée dans cet univers», explique l'auteur. Et lorsqu'un autre élève lui demande si elle a un second métier, Régine Detambel sourit: «Non, j'ai un métier, kinésithérapeute. Pour moi, l'écriture n'est pas un métier. C'est un espace de pleine et entière liberté sociale. En fait, mon métier me sert de garde-fou. Il m'aide aussi dans mon écriture, grâce aux souffrances, aux corps, aux paroles que je rencontre. Mais il ne faut pas dépendre de cela. Mon métier me permet cette liberté d'écrire».
«C'est vous, aussi, qui fabriquez le livre»
Quant au public auquel s'adressent ses ouvrages, l'auteur souligne qu'elle «ne vise rien, ni personne. L'écriture est un objet de langage. Chacun fabriquera sa signification de l'écrit et c'est cela qui est merveilleux. Je ne sais pas ce que je vais provoquer chez le lecteur. C'est vous, aussi, qui fabriquez le livre. C'est la part active du lecteur dans l'ouvrage et c'est magnifique de penser que chacun ressentira un livre que j'ai écrit avec une émotion différente». Habituée des ateliers d'écriture et des rencontres avec les classes, Régine Detambel a certainement éclairé d'un jour nouveau l'approche du livre et de l'écriture. «Des petits riens au goût de citron»? Un goût qui ne se laisse pas oublier.
