26 septembre 2009
Chaude ambiance jeudi soir lors de la présentation du futur centre de placement immédiat pour jeunes délinquants qui devrait être érigé à Pluguffan. La perspective ne fait pas l'unanimité parmi les riverains. Loin de là.
Il n'aura fallu que quelques minutes avant que les premières invectives fusent. À peine le temps pour le maire, Dominique Closier, d'évoquer le calendrier. «Alors qu'est-ce qu'on fout là? hurle ce jeune riverain. La décision est prise, on est mis devant le fait accompli. C'est très malhonnête».
Le maire n'aurait pas eu le choix
Visiblement mal à l'aise, le maire justifie sa démarche. «Je ne l'ai appris qu'en début d'année, je ne pouvais pas annoncer un projet qui n'était pas finalisé. Vous affoler avant n'aurait servi à rien. Dans ce dossier, le maire n'a pas un rôle de décision, c'est le ministère de la Justice qui s'en occupe. Je n'ai pas eu trop le choix». L'édile est rapidement coupé par le même interlocuteur, de plus en plus véhément. «Je serais aux premières loges, le terrain touche mon jardin. Quelle valeur aura ma maison? Vraiment merci Monsieur le maire de nous informer à peine une semaine avant». L'assistance est à l'unisson. Les critiques prennent de l'ampleur, l'ambiance monte de quelques degrés. Certains en profitent pour régler des comptes plus anciens. «Si la décision est prise, au revoir» peste, debout, cet homme. Ici, un riverain s'insurge contre ce qu'il nomme «un secret qu'il fallait cacher jusqu'au dernier moment». Là, d'autres préconisent d'envoyer ces jeunes en prison, ou sur Quimper, ou en pleine campagne. Bref partout, sauf près de chez eux. La notion de «jeunes délinquants» effraie. «Et qu'ont-ils fait comme crime?» hurle un participant, avant de comprendre qu'ils n'ont commis que des délits.
«Arrêtez de fantasmer»
Le ton monte d'autant plus que le directeur interrégional de la Protection judiciaire et de la jeunesse (PJJ), Jean-Pierre Valentin, ne s'en laisse pas compter. «Attendez, on ne parle pas d'un établissement de 180 personnes, mais de douze jeunes de 15 à 18 ans avec des difficultés familiales. Il y a beaucoup de pavillons de ce type en France. Je ne dis pas que ce sont des saints, mais il faut arrêter de fantasmer sur le sujet, vous en croisez sans le savoir». Pour rassurer l'auditoire, les membres de la PJJ sont revenus sur les premiers jours du centre de la route de Bénodet. «Il y a eu les mêmes craintes en 2001 de la part des riverains, se remémore Claude Le Trividic, le directeur départemental. Il n'y a pourtant pas eu de soucis. J'entends vos craintes, mais cela ne doit pas être une obsession, Je vous propose de venir visiter à Rennes un centre de la même taille que celui qui sera construit à Pluguffan». Certains ont d'ores et déjà assuré qu'ils déposeraient un recours une fois le permis de construire déposé.
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