8 novembre 2009
Entreposés au-dessus de la porte de l'atelier, un gros oeuf en bois entouré d'un ruban rouge et un sapin de Noël aux boules carrées attendent leur heure. Véritable capharnaüm, le hangar installé en bordure de route, dans la campagne de Plogastel-Saint-Germain, a des airs d'atelier de Gepetto. Michel Denizot partage d'ailleurs son immensité avec quelques pantins de bois. Sur l'établi, l'homme termine sa dernière pièce. Dans quelques jours, son fou de bassan, ailes déployées, fera escale au Musée de la Marine. En attendant, depuis quelques jours et jusqu'à ce soir, le sculpteur bigouden expose au Grand Palais, à Paris, dans le cadre d'Art en Capital. Il y présente deux de ses dernières pièces. Une Aigrette de plus d'un mètre de haut et deux têtes de Fous de bassan.
Des meubles pour manger
Des projecteurs dont le sculpteur bigouden se serait bien passé, il y a seulement quelques années. La volonté des siens en a décidé autrement. «En 2000, mon épouse et ma fille ont adressé un dossier aux Artistes indépendants. Sans rien me dire... Ça a commencé comme ça», se rappelle-t-il. Depuis, ses apparitions se multiplient: salon des artistes français, de la société nationale des Beaux-Arts... Sans jamais distraire l'artiste outre mesure. «Si désormais j'expose, ce n'est jamais sur commande. D'ailleurs, le plus souvent, une fois que j'ai terminé mon travail, il se retrouve enfermé dans une caisse en bois, sans avoir été vu. Je fais quelques meubles pour manger. La sculpture, ça me permet d'être libre», poursuit l'artiste.
L'amour de la matière
Formé à l'ébénisterie chez les orphelins apprentis d'Auteuil, l'homme est modeste. Pour le sculpteur autodidacte, «c'est la nature qui m'a donné deux mains pour faire ça». L'aisance à faire vivre le bois est pourtant trompeuse. La taille directe est d'ailleurs pour lui, une immense école de la vie. «Dès que vous essayez de vous imposer à la matière, sa fragilité se rappelle à vous. Ça remet l'homme à sa place». Le travail d'orfèvre nécessite patience et justesse. «J'ai passé 22 ans à faire des fleurs sans étamines pace que je n'y arrivais pas. Je n'y parviens que depuis 5 ou 6 ans. C'est grâce à la matière». À l'aise à la gouge, le sculpteur ne compte malgré tout pas le temps passé sur le bloc d'orme, son essence privilégiée. Présentée au Grand Palais, l'aigrette majestueuse lui a demandé près de quatre mois de travail.

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